Stade Rennais: «On met Dembélé en pointe et ça règle le problème», souffle Mickaël Pagis

FOOTBALL Les Rouge et Noir seront dépourvus de pur avant-centre pour la réception de Lyon…

Jeremy Goujon
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Ousmane Dembélé, ici face à Bordeaux, a les faveurs des pronostics pour jouer n°9 contre Lyon.
Ousmane Dembélé, ici face à Bordeaux, a les faveurs des pronostics pour jouer n°9 contre Lyon. — M. Pattier / Sipa

S’il n’a plus marqué depuis la victoire à Guingamp (0-2, 19 décembre 2015), Giovanni Sio a la confiance de Rolland Courbis, puisque le coach l’a titularisé à cinq reprises (plus deux entrées en jeu) sur les huit matchs du Stade Rennais qu’il a dirigés jusque-là.

Problème : l’habituel avant-centre des Rouge et Noir, expulsé contre Nantes la semaine dernière, sera absent face à l’Olympique Lyonnais. Qui se trouvera donc à la pointe de l’attaque rennaise, dimanche soir (21 h) ? Trois intervenants donnent leur opinion pour 20 Minutes.

Mickaël Pagis (ancien joueur, auteur d’un triplé contre l’OL, le 5 octobre 2008)

« Je ne suis pas au quotidien avec les joueurs, donc entre les formes du moment et le fait d’avoir réalisé un gros match face à Nantes… Tout ça est à prendre en compte. Mais vu de l’extérieur, je vais me mouiller un peu ! Il y a un joueur en pleine réussite et en pleine confiance qui s’appelle Ousmane Dembélé. Logiquement, il n’y a donc pas besoin d’aller chercher très loin. On le positionne en pointe et ça règle le problème, tout en anticipant celui qui pourrait le remplacer à ce poste en cours de match… selon le déroulement de la rencontre.


Il serait alors positionné plus en retrait pour ne pas être collé aux défenseurs. Jouer n°9, ça fatigue quand même. Après, peut-être que Rolland Courbis renforcera son milieu de terrain, avec un électron libre plus haut, et insistera sur les côtés. Sans Sio, l’équipe n’a pas un attaquant capable de peser, de monopoliser les deux axiaux, pour permettre à un partenaire de plonger dans les espaces. »

Arnaud Benchetrit (journaliste, TVR - Rennes 35 Bretagne)

« Il y a deux politiques : vouloir un point d’ancrage devant, ou pas ? Si oui, il faut un attaquant classique, du moins physique, mais il n’y a plus de grand gabarit dans l’effectif. Tu te retrouves donc à partir sur une autre option, qui est de mettre des feux follets prêts à semer la zizanie dans la défense lyonnaise. Imaginons que Dembélé soit mis devant et fasse le boulot d’un n°9… Dembélé, c’est un profil à la Lionel Messi, et Messi n’est pas le n°9 du Barça. Mettre un nom, ça ne veut rien dire. Il s’agit plutôt d’une organisation à mettre en place.

Si tu mets Dembélé ou Kamil Grosicki en pointe, en disant : "Toi, tu es n°9 ce soir, et tu ne bouges pas", c’est aller au-devant d’une grosse désillusion. En revanche, alterner les positions de ces mêmes joueurs toutes les dix minutes peut donner un mal de crâne à Lyon. Dans le cas d’un trident offensif, je commencerais avec Jérémie Boga, et le remplacerais à l’heure de jeu par Pedro Henrique. »

Fabrice Pinel (fondateur de ROUGE Mémoire, site d’informations et de statistiques sur le SRFC)

« J’imagine Dembélé en pointe. Il est en pleine confiance, et tout ballon dans sa zone peut se transformer en danger pour la charnière lyonnaise. L’OL a un jeu de possession, et la vitesse de Dembélé après récupération du ballon pourrait être une arme redoutable. De plus, cela permettrait à Yoann Gourcuff d’évoluer à un poste de meneur axial, devant le duo récupérateur-relayeur Benjamin André-Gelson Fernandes.


Avec des éléments remuants sur les côtés comme Grosicki et Henrique ou Boga (petit avantage pour le Brésilien), le SRFC aurait l’équipe idéale pour malmener Lyon, dont les latéraux montent beaucoup et laissent beaucoup d’espaces dans leur dos. En fin de match, on peut imaginer la première apparition de Kermit Erasmus à la place de Gourcuff, qui ne tient pas encore 90 minutes. Cela conduirait Dembélé à reculer d’un cran comme contre Nantes, Erasmus se montrant ainsi à son poste de prédilection en pointe. »