Japon: Cinq ans après le tsunami, Sendai a bien grandi

COMMEMORATION La ville jumelle de Rennes s’est bien remise du tremblement de terre du 11 mars 2011…

Camille Allain

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Photo de résidences temporaires installées à Sendai pour accueillir les familles sinistrées. Ici en 2014.
Photo de résidences temporaires installées à Sendai pour accueillir les familles sinistrées. Ici en 2014. — Daisuke Tomita / AP / SIPA

C’était il y a cinq ans jour pour jour. Le 11 mars 2011, le Japon était secoué par un important tremblement de terre, suivi d’un violent tsunami. La catastrophe avait fait près de 20.000 victimes. Ville jumelle de Rennes depuis cinquante ans, Sendai et son million d’habitants avaient été particulièrement touchés par la montée soudaine des eaux. Cinq ans après le formidable élan de solidarité des Rennais, la capitale de la région de Miyagi s’est bien relevée. « La reconstruction a été assez vite. Sendai a voulu montrer l’exemple, tirer la région vers le haut », explique Masami Sugawara.

« On en parle peu »

La présidente ducomité de jumelage de Rennes Sendai est née et a grandi dans la métropole japonaise, avant de rejoindre la France en 1998. La maison de ses parents est à quatre kilomètres de la côte, et sa famille doit son salut à l’autoroute qui a freiné la vague. « Nous avons tous des proches qui ont perdu quelqu’un ce jour-là. Mais on en parle assez peu », poursuit Masami. Ses parents n’ont d’ailleurs jamais déménagé.

Des personnes se réfugient sur le toit d'une école dans la ville de Sendai, le 11 mars 2011.
Des personnes se réfugient sur le toit d'une école dans la ville de Sendai, le 11 mars 2011. - Ville de Sendai

Toujours marquée par ce jour funeste, la ville de Sendai s’est rapidement tournée vers l’avenir, prenant soin d’accueillir de très nombreux habitants vivant dans les communes sinistrées. « Nous avions retenules leçons du drame de Kobe. Plutôt que reloger les gens de manière éparpillée, c’est tout le quartier qui a été déplacé. C’est primordial de garder ce lien », estime Masami. La mentalité japonaise veut que même dans le malheur, il faut savoir avancer.

Le tsunami engloutit Sendai le 11 mars 2011.
Le tsunami engloutit Sendai le 11 mars 2011. - Ville de Sendai

C’est sans doute cet élan qui a permis à Sendai de se remettre debout si rapidement, même si tout n’est pas réglé et que de nombreux chantiers restent en cours. Plusieurs milliers d’enfants sont aujourd’hui encore hébergés dans des logements provisoires. « L’important, c’est d’essayer de positiver, de se servir du passé pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. C’est pour ça qu’il est important de se souvenir », assure la présidente du comité de jumelage.

Depuis cinq ans, son association reçoit des messages d’amitié et des dons venus de toute la Bretagne. En 2011, près de 300.000 euros avaient ainsi été versés à la ville jumelle pour l’aider à sa reconstruction. La municipalité rennaise avait également voté deux aides d’urgence après le tsunami. « Ces fonds ont participé à la reconstruction des infrastructures, notamment des écoles et des zones résidentielles sinistrées », assure Jocelyne Bougeard, élue en charge des relations internationales.