Loi Travail: Les étudiants de Rennes 2 sur le front

SOCIAL Une nouvelle assemblée générale est prévue jeudi à l’université…

Jérôme Gicquel
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Les étudiants de Rennes 2 étaient en tête du cortège ce mercredi dans les rues de Rennes.
Les étudiants de Rennes 2 étaient en tête du cortège ce mercredi dans les rues de Rennes. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

La jeunesse a donné de la voix ce mercredi dans les rues de Rennes pour dénoncer le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri. En tête du cortège, les étudiants de Rennes 2 ont scandé des slogans pour réclamer le retrait pur et simple de cette réforme du droit du travail. Si la mobilisation reste encore assez faible, la grogne monte sur les bancs de l’université rennaise, qualifiée de Rennes 2 la rouge car souvent fer de lance des contestations étudiantes. En 2006, la mobilisation contre le contrat première embauche (CPE) était ainsi partie du campus de Villejean avant de se propager sur tout le territoire.


« On n’est pas dans le même contexte cette fois. Le mouvement contre le CPE était porté par les syndicats étudiants alors que là, la mobilisation est plus spontanée et sans étiquette », souligne Loukian Jacquet, délégué du syndicat Unef. « Attentive » aux suites que prendra le mouvement, la direction de l’université reconnaît elle aussi « que les choses ont changé depuis 2006 ». « Les syndicats étudiants n’ont plus le même poids. Pour preuve, ce sont deux organisations associatives, L’Elan Associatif et L’Armée de Dumbledore, qui sont arrivées en tête des dernières élections », indique-t-on à l’université.

Pas de blocage de l’université prévu pour le moment

Moins engagés politiquement que leurs aînés, les étudiants de Rennes 2 n’en demeurent pas moins mobilisés contre le projet de loi El Khomri. « On a tous des craintes sur notre avenir. On galère déjà pas mal pendant nos études. On aspire donc à un peu de sécurité quand on rentrera sur le marché de l’emploi », témoigne Myriam, venue manifester avec une bande d’amis. Comme eux, la jeune femme participera jeudi à la nouvelle assemblée générale qui se tiendra dans un amphi de l’université.

« On n’est qu’au début de la mobilisation, cela va se faire de manière progressive », prévient Loukian Jacquet, brandissant le spectre d’un blocage des amphis. « Pour l’instant, l’assemblée générale a voté contre. Mais cela peut être un moyen d’action, à condition que cela soit compris par tous les étudiants », assure le jeune homme. Une menace de blocus qui n’inquiète pas outre mesure la direction de l’université. « Le risque existe mais nous n’avons pas de crainte particulière pour le moment », prévient la direction.