Rennes-Nantes: Enfin un derby qui ne comptera pas pour du (petit) beurre

FOOTBALL Outre la rivalité entre les deux clubs, le match de dimanche aura un parfum d'Europe...

Jeremy Goujon

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Sylvain Armand et Cheikh M'Bengue lors du dernier Rennes-Nantes en date, le 21 mars 2015.
Sylvain Armand et Cheikh M'Bengue lors du dernier Rennes-Nantes en date, le 21 mars 2015. — D. Meyer / AFP

« On a la certitude que le vainqueur sera très bien classé à l’issue de la rencontre », disait Rolland Courbis le week-end passé. À dix journées de la fin, l’affirmation du coach du Stade Rennais situe bien l’importance du derby contre Nantes ce dimanche après-midi (17 h).

Quand Rennes jouait le titre (ou pas)

Pour la première fois depuis 2001, l’affiche aura ainsi comme enjeu une place européenne pour les deux clubs. Rennes (6e) n’est qu’à un point de la Ligue des champions, le FCN (8e) à deux, mais avec un match supplémentaire à disputer (à Bastia, le 9 mars).

Il y a quinze ans, presque jour pour jour (4 mars 2001), on pouvait quasiment parler de titre pour les deux voisins. Surtout vrai pour les Canaris, co-leaders de ce qui s’appelait encore la D1 avant le choc au Stade de la route de Lorient. Mais dans un championnat aussi fou que celui de cette année, le SRFC (6e, déjà…) pouvait également entretenir l’espoir de conquérir le Graal, n’étant qu’à six unités des Jaune et Vert à sept levées du terme (la ligue comprenait alors 18 équipes).

Trop de pression

À l’arrivée, Nantes s’imposera 0-2 en Bretagne et terminera en tête. Les Rouge et Noir, largués à… dix-huit points du champion de France (!), se contenteront eux de la Coupe Intertoto. Loin, finalement, des objectifs initiaux. « Le Stade Rennais faisait partie des cinq ou six formations européennes à avoir le plus investi sur le marché des transferts, derrière l’AC Milan, le Bayern, le Barça et le Real Madrid », se souvient pour 20 Minutes l’ancien milieu de terrain Olivier Echouafni.

« On pouvait donc avoir l’ambition d’être dans le Top 5, mais la pression a été trop forte dès le départ. Courant novembre, Paul Le Guen [coach bretillien de l’époque] était même sur la sellette. Alors certes, on avait réussi à inverser la tendance pour jouer les premiers rôles en fin de saison, mais au moment de recevoir Nantes, les ambitions avaient été revues à la baisse. »

Une place à prendre (au moins)

Malgré un parcours en dents de scie, le SRFC version 2015-2016 croit davantage en sa bonne étoile, « possibilité arithmétique » oblige. Invaincu en Ligue 1 depuis le 21 novembre, le FCN ne s’interdit rien non plus, d’autant que l’escouade ligérienne, éliminée mercredi en Coupe de France, peut désormais tout miser sur son pain quotidien.

« Hormis Paris, je pense que Monaco et Lyon seront européens, estime Echouafni. Derrière, il restera deux places [plutôt de une à trois, en fonction notamment des résultats du PSG, en lice sur tous les tableaux], et il y aura certainement une surprise. Pourquoi pas Rennes ? Pourquoi pas Nantes ? Tout dépendra surtout de leur régularité d’ici mai. »