Ligue 1: Non, Jimmy Briand n'aura pas raté sa carrière, mais...

FOOTBALL L'actuel Guingampais n'a pas eu le destin glorieux qu'on pouvait lui prédire...

Jeremy Goujon

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Jimmy Briand époque Olympique Lyonnais, avec Yoann Gourcuff à sa droite.
Jimmy Briand époque Olympique Lyonnais, avec Yoann Gourcuff à sa droite. — J. F. Monier / AFP

Plus de 300 matchs en Ligue 1, un statut d’international (cinq rencontres en équipe de France), des titres (Gambardella 2003, Coupe de France et Trophée des champions 2012), des buts partout où il est passé (et pas les plus moches)… C’est sûr, le CV de Jimmy Briand a belle allure. Et ce n’est pas Landry Chauvin, directeur de l’Académie Rouge et Noir au Stade Rennais, qui dira le contraire.

L’égal de Titi Henry

Pourtant, et alors que « Jimmy B » a encore quatre ou cinq saisons au plus haut niveau devant lui (il aura 31 ans en août), on trouve déjà que son itinéraire laisse un goût d’inachevé. La faute, sans doute, à ses 31 réalisations en 67 capes dans les sélections de jeunes tricolores. Ou à ses 55 pions claqués lors du chef-d’œuvre de l’INF Clairefontaine, en 2000-2001.

Des chiffres vertigineux qui le plaçaient à l’époque au même niveau que Thierry Henry, à âge égal. Mais tandis que son aîné de titi parisien s’est couvert de gloire à Arsenal et au Barça (et chez les Bleus), Briand s’est contenté de Hanovre et Guingamp. Du gâchis, vraiment ? « Pour être très honnête, il a la carrière qu’il mérite. Je ne pense pas qu’il avait le talent de Thierry Henry. Il n’a pas tout à fait la même technique. Ça se voit dans son jeu, il est un peu raide sur les appuis, parfois. »

Pas du genre à stationner dans la surface

On peut croire sur parole André Mérelle, joint par 20 Minutes. L’ancien directeur du Centre technique national Fernand-Sastre est l’homme qui a façonné Jimmy Briand. Ce dernier avait d’ailleurs déclaré à propos de son éducateur : « Pour moi, il a été mon mentor, et c’est lui qui m’a tout appris en trois ans. Lui, je pourrais le suivre partout. Il pourrait sans problème entraîner un club, même si sa passion, c’est la formation. »

De là à penser qu’il aurait fallu Mérelle à ses côtés pour que Briand atteigne, au moins une fois, la barre des dix buts sur une saison en championnat (il lui reste dix journées avec l’EAG pour accomplir cette performance)… « Jimmy a aussi donné pas mal de bons ballons, fait remarquer le technicien. Ce n’est pas le "type Trezeguet" qui attend à l’opposé de l’action pour profiter du travail des autres. »

Passé de zéro à héros à Lyon

Quant à l’aspect decrescendo des clubs parcourus, la raison est simple. « Il n’est pas carriériste, assure André Mérelle. Il doit aimer être à Guingamp, même si ce n’est pas une grosse équipe. Je ne sais pas à quoi il aspire pour la suite, mais il n’ambitionnait pas de faire quelques dizaines de millions d’euros en plus (sic). Il a bien gagné sa vie, et assuré l’avenir. »

En parlant de futur (proche), Jimmy Briand découvrira le Parc OL, dimanche soir (21 h). Lyon, où il reviendra pour la première fois depuis son départ en 2014. Et où les supporters lui réserveront certainement un accueil chaleureux. Un but dans le temps additionnel synonyme de succès dans le derby à « Sainté » (1-2, le 10 novembre 2013), ça force évidemment le respect. Et fait oublier toutes les déceptions…