Essai clinique de Biotrial à Rennes: Les chiens morts ont reçu des doses 100 fois supérieures à celles des volontaires

SANTE Démentant une information du Figaro, le centre de recherche rennais Biotrial assure qu’il n’a pas mené ces essais…

C.A. avec AFP

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Un fonctionnaire de police pénètre dans les locaux du laboratoire Biotrial, à Rennes, le 16 janvier 2016 dans le cadre d'une enquête après un essai thérapeutique qui a mal tourné.
Un fonctionnaire de police pénètre dans les locaux du laboratoire Biotrial, à Rennes, le 16 janvier 2016 dans le cadre d'une enquête après un essai thérapeutique qui a mal tourné. — MATHIEU PATTIER/SIPA

Non, le centre de recherche rennais Biotrial n'a pas mené des essais précliniques sur des chiens. Mis en cause dans un article du Figaro qui évoque des « failles béantes dans l’essai clinique mortel de Rennes », Biotrial s’est défendu ce jeudi, assurant qu’il n’avait aucun lien avec les tests menés sur des animaux.

Dans un article paru jeudi, Le Figaro révèle que «  des chiens sont morts lors des essais précliniques du médicament ». Ce même médicament testé sur des hommes depuis plusieurs mois par Biotrial et  qui a coûté la vie mi-janvier à un homme de 59 ans.

Selon Biotrial, c’est un autre sous-traitant du laboratoire Bial, le concepteur du médicament, qui a mené les tests. Selon François Peaucelle, directeur du centre de recherche, les animaux auraient reçu des doses 50 à 100 fois supérieures à ce qui a pu être administré aux volontaires. « C’est le principe même des études de toxicologie : on va pousser les doses le plus loin possible pour voir justement les doses qui sont tolérables et celles qui ne le sont pas », a-t-il expliqué.

« Qui décide que l’on va passer sur l’homme ? »

Montré du doigt depuis l'accident clinique, le laboratoire Biotrial rappelle son rôle « d’exécutant ». « Qui décide fondamentalement que l’on va passer sur l’homme ? C’est le laboratoire Bial. Qui l’y autorise ? C’est l’Agence du médicament et ce sont les comités de protection des personnes », a souligné François Peaucelle.

L’essai a également conduit à l’hospitalisation de cinq patients qui ont tous pu depuis rentrer chez eux. Leur état de santé, jusqu’ici « stable » doit être réévalué fin février.