En pleine crise agricole, des syndicats s'offrent un voyage en Afrique du Sud

AGRICULTURE Des représentants de la chambre d'agriculture du Finistère ont participé à un voyage...

C.A. avec AFP
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Manifestation des agriculteurs à Rennes, ici le 17 février 2016.
Manifestation des agriculteurs à Rennes, ici le 17 février 2016. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

« C’étais bien les vacances ». Ce message et sa petite faute ont été tagués sur les murs devant la chambre d'agriculture à Quimper (Finistère) dans la nuit du 11 au 12 février par des éleveurs en colère.

A côté, on pouvait aussi lire « Voleurs » ou « Afrique du Sud ». Cinq personnes avaient été placées en garde à vue à l’issue de la manifestation.

« Le voyage est mal tombé »

Ces messages entendaient en fait dénoncer un voyage d’étude organisé en novembre par la chambre d’agriculture du Finistère, alors que la filière subit une profonde crise. « En ce qui nous concerne, il n’y a pas de problème particulier de transparence ou de rétention d’information », a assuré Sophie Jézéquel, vice-présidente de la Chambre, précisant que le voyage, d’un coût de 50.000 euros, s’était déroulé du 28 novembre au 7 décembre et que 25 personnes y avaient participé, dont 12 conjoints d’élus qui avaient payé leur voyage.

« La Chambre d’agriculture et ses partenaires (…) organisent tous les ans en France et dans le reste du monde des voyages d’études », a-t-elle ajouté, reconnaissant cependant que celui-ci était « mal tombé (…) à un moment où la crise, la colère et la détresse des exploitants est presque à son comble ».

« Ce n’était pas le moment d’aller en Afrique du Sud »

De leur côté, certains représentants ont critiqué cette initiative. « Ce n’était pas le moment d’aller en Afrique du Sud », estime le président de la Coordination rurale du département et élu d’opposition à la Chambre, Bruno Deumeuré, jugeant en outre que l’organisme consulaire n’avait pas les moyens d’un tel voyage.

« On n’a pas été mis au courant en tant qu’élus, c’est pas normal », a estimé pour sa part Vincent Pennober, de la Confédération paysanne, ajoutant que « s’il y avait éventuellement un voyage à faire c’était en Europe et en lien avec la crise ».