Illustration du chantier de construction de la seconde ligne de métro.
Illustration du chantier de construction de la seconde ligne de métro. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

ENVIRONNEMENT

Rennes: Des déblais toxiques sur le chantier du métro

Les terres excavées pour la construction de la ligne contiennent régulièrement de l’antimoine…

Alerte à l’antimoine. Depuis plusieurs mois, ce métal présent à l’état naturel dans le sol pose quelques soucis sur le chantier de construction de la ligne B du métro à Rennes. Car la matière en question, proche de l’arsenic, peut se révéler très dangereuse pour la santé. Les premiers filons ont été rencontrés en mai 2015 dans le sous-sol par le tunnelier Elaine. Depuis, des traces de ce métal toxique sont régulièrement retrouvées dans les terres excavées sur le chantier.

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« Il y en avait un peu dans la zone de la Mabilais, il y en aura peut-être au niveau de la gare. Et sur certains tronçons il n’y a rien du tout. Mais les filons découverts ont une faible teneur en antimoine, cela ne va pas altérer la santé des habitants », tente de rassurer Xavier Tirel, directeur général de la Semtcar, la société d’économie mixte chargée de la construction de la ligne. « Il y en avait sûrement aussi pour la construction de la première ligne mais il n’y avait pas la même réglementation à cette époque », poursuit-il.

Des déchets toxiques stockés sur le site de la Dominelais à Janzé

Si le risque sur la santé s’avère inexistant selon la Semtcar, la présence de cette substance toxique n’est pas sans conséquence sur la facture du métro. Selon Le Mensuel de Rennes qui révèle l’affaire, la gestion et le stockage des déchets contenant de l’antimoine auraient généré un surcoût d’environ 8 millions d’euros entre mai et décembre 2015. Compte tenu de la toxicité de la substance, les déblais du métro ne peuvent en effet pas être stockés dans les carrières de Mernel et de Saint-Malo-de-Phily qui ne disposent pas d’autorisation pour ce type de déchets.

La Semtcar a donc été contrainte de rapatrier ces déblais sur le site de la Dominelais à Janzé « où la composition chimique du sol est riche en antimoine », précise Xavier Tirel. Reste que ce problème d’acheminement des déchets a un coût que la Semtcar ne veut pas supporter seule. « Nous sommes en négociations avec les entreprises qui œuvrent sur le chantier car il y a des choses qui sont à leur charge. On fera le point fin 2017 quand Elaine aura fini de creuser », assure le directeur général de la Semtcar.