Rennes: Un surveillant jugé pour avoir flirté avec une lycéenne sur Facebook

JUSTICE La jeune fille était mineure au moment des faits...

C.A.

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L'application Facebook sur mobile.
L'application Facebook sur mobile. — Martin Sterba/AP/SIPA

« C’était une sorte de séduction virtuelle, un jeu malsain et ridicule. Aujourd’hui, j’en ai honte ». Lundi, un ancien surveillant, que l’on appelle aujourd’hui assistant d’éducation, était jugé devant le tribunal correctionnel de Rennes pour corruption de mineure. Son tort ? Avoir flirté sur Facebook avec une ancienne élève du lycée où il exerçait alors qu’elle était mineure.

« C’était une sorte de jeu »

Les faits remontent à l’été 2014. L’homme, âgé de 34 ans, entre en contact sur Facebook avec une ancienne élève du lycée où il exerce comme assistant d’éducation à Rennes. « C’était une sorte de jeu. Mes copines savaient qu’il me plaisait. On a commencé à parler, je pensais que ça s’arrêterait là », rapporte la jeune fille, présente à l’audience.

Au fil du temps, les conversations chauffent et les allusions sexuelles sont de plus en plus présentes. Le surveillant et la lycéenne s’échangent des photos suggestives sur Facebook ou Snapchat. Lui nu, elle en sous-vêtements. « J’envoyais tous les messages à mes copines sur un groupe privé. J’y ai participé, c’était stupide », poursuit la jeune femme, qui n’a pas souhaité se constituer partie civile.

« Il y avait une forme d’interdit »

« Je fréquentais beaucoup les sites de rencontres. Les échanges de photo, c’est monnaie courante », rapporte l’homme, penaud. Après plusieurs mois, la jeune fille décide d’arrêter les échanges. « Au début, il y avait une forme d’interdit. Après je me suis dit que cela allait trop loin », rapporte la jeune femme. C’est sa grande sœur qui découvre les échanges et les photos, en parle à sa mère. « Je ne voulais pas porter plainte, j’ai mes torts ».

Le surveillant sera lui licencié pour faute grave. « Se montrer en photo en sous-vêtement sur Instagram, c’est devenu normal. Les filles d’aujourd’hui, à 17 ans, elles se disent que se taper le CPE, c’est marrant. Nous sommes dépassés », lâche Gwendoline Tenier, l’avocate du prévenu. La procureure a réclamé quatre mois de prison avec sursis. Le tribunal a condamné l'homme à trois mois de prison avec sursis.