Bretagne: Les ostréiculteurs se joignent au mouvement des agriculteurs

CRISE AGRICOLE La ville de Vannes est totalement paralysée ce lundi…

Jérôme Gicquel

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Un tracteur orné du drapeau breton bloque une route près de Vannes, alors que les agriculteurs manifestent et réclament une hausse des prix de leurs produits
Un tracteur orné du drapeau breton bloque une route près de Vannes, alors que les agriculteurs manifestent et réclament une hausse des prix de leurs produits — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

La colère du monde agricole se poursuit avec le blocage depuis 6h du matin de la ville de Vannes (Morbihan). Le mouvement des éleveurs est même en train de faire tache d’huile avec d’autres professions qui participent également ce lundi aux actions. C’est le cas des ostréiculteurs qui se sont installés au Vincin, entre Arradon et Vannes, déversant des coquilles d’huîtres sur la chaussée.

« Nous avons décidé de rejoindre le mouvement des agriculteurs car nous vivons exactement la même situation. Tout le monde est en train de crever à cause de cet état qui ne fait que rajouter des normes et des contraintes administratives », souligne Renan Henry, président du comité de survie des ostréiculteurs.

Des artisans étranglés par le poids des charges

Cet automne, plusieurs centaines d’artisans, de commerçants et de professions libérales avaient déjà fait entendre leur voix en créant le Collectif 56. « Tout le monde en a marre de payer des charges. La France ne crée plus aucune richesse, seulement du chômage », poursuit Renan Henry, qui a donc décidé de se joindre au mouvement des agriculteurs.

« On ne les a pas rejoints avant car ils avaient des cibles bien précises. Mais maintenant, on a décidé de prendre notre destin en main. La profession ostréicole a les mêmes problèmes de prix. On n’arrive plus à vivre car les huîtres sont vendues à des prix excessifs dans les poissonneries et les grandes surfaces qui se font d’énormes marges sur notre dos », souligne l’entrepreneur, qui dirige la société Huîtres Henry à Crac’h dans le Morbihan.

Un mouvement de colère qui pourrait se généraliser

Et comme dans la filière porcine, les ostréiculteurs français doivent également faire face à une concurrence européenne accrue, notamment de l’Irlande et du Portugal « où les coûts de production ne sont pas du tout les mêmes qu’en France ». En l’absence de réponse de l’Etat, Renan Henry craint que la révolte se généralise. « La colère est partie de Bretagne mais elle ne va pas s’arrêter là. Tous les patrons, artisans, indépendants sont en train de souffrir ».