Notre-Dame-des-Landes: Pas d’interdiction systématique des futures manifestations

AEROPORT Le rassemblement de samedi à Rennes a été émaillé de violences et de dégradations…

Jérôme Gicquel

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Le centre-ville de Rennes a été saccagé samedi 6 février lors d'une manifestation d'opposants à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes.
Le centre-ville de Rennes a été saccagé samedi 6 février lors d'une manifestation d'opposants à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Fallait-il interdire le carnaval anti-aéroport qui a dégénéré samedi dans les rues du centre-ville de Rennes ? Non, répond le préfet d’Ille-et-Vilaine Patrick Strzoda, qui a évoqué ce mardi matin « le droit de manifester » en dépit de la prolongation de l’état d’urgence. « La manifestation avait été déclarée, notamment par la Confédération Paysanne, et les conditions juridiques n’étaient pas remplies pour l’interdire », a-t-il précisé.

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Craignant les débordements, le préfet avait tout de même renforcé la sécurité avec près de 250 gendarmes et policiers mobilisés et pris un arrêté « portant interdiction de port et de transport d’objets pouvant servir d’arme par destination dans le centre-ville de Rennes ». Des mesures qui n’ont cependant pas empêché les dégradations avec des dégâts estimés à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

La mairie de Rennes déjà taguée il y a deux semaines

A l’avenir, Patrick Strzoda n’envisage donc pas d’interdire systématiquement tout rassemblement ou manifestation hostile au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le préfet répond ainsi à la droite rennaise qui a réclamé suite aux débordements de samedi « l’interdiction de toute nouvelle manifestation contre Notre-Dame-des-Landes ». « Les débordements de la manifestation de samedi et leurs conséquences étaient malheureusement prévisibles », déplore Bertrand Plouvier, chef de l’opposition, évoquant notamment les tags retrouvés sur la mairie de Rennes il y a quinze jours lors d’un précédent rassemblement.

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Des dégradations condamnées également par les collectifs de paysans qui avaient appelé au rassemblement samedi. « C’est une extrême minorité mais ça nuit à notre cause, c’est évident. C’est à nous, les organisateurs, de faire en sorte que ces rassemblements se passent bien », poursuit Timothée, un jeune agriculteur, bien décidé à poursuivre son combat contre le projet d’aéroport.