Notre-Dame-des-Landes: Les paysans organisateurs condamnent les dégradations à Rennes

MANIFESTATION Des commerces ont été saccagés lors d'un rassemblement...

C.A.

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Les murs des halles centrales de Rennes ont été taguées le samedi 6 février 2016 lors d'une manifestation contre Notre-Dame-des-Landes.
Les murs des halles centrales de Rennes ont été taguées le samedi 6 février 2016 lors d'une manifestation contre Notre-Dame-des-Landes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

« Cela ne surprendra personne. Mais bien sûr que nous condamnons ces agissements. Ce n’est pas le mode d’action que nous allons défendre ». Timothée Dupont est paysan. Et fervent opposant au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Samedi, il a participé au grand banquet et au carnaval, organisés par son collectif Copain 35 sur la place du Parlement. Comme un petit millier d’opposants, il a ensuite assisté aux nombreux débordements qui ont émaillé le rassemblement.

« Ça nuit à notre cause »

Evalués à plusieurs dizaines de milliers d’euros, les dégâts dans le centre-ville de Rennes ont fait les gros titres des journaux, égratignant au passage les organisateurs. « C’est une extrême minorité mais ça nuit à notre cause, c’est évident. Ça ne nous fait pas peur, mais c’est à nous, les organisateurs, de faire en sorte que ces rassemblements se passent bien », poursuit Timothée.

En janvier, les opposants au projet d’aéroport avaient choisi de se rassembler sur le périphérique nantais, avant qu’un cortège de tracteurs et de vélos ne se réunisse à Rennes Métropole. « On évite volontairement le centre-ville. Et tout s’était bien passé ».


Si le collectif Copain 35 dénonce les agissements des casseurs, il regrette également la présence visible des forces de l’ordre. « Je ne veux pas parler de provocation policière. Mais avoir un hélicoptère qui survole un banquet le midi, n’est-ce pas disproportionné ? Certains militants ont reçu des coups alors qu’ils se dispersaient, juste parce qu’ils étaient là au mauvais endroit. Je crois qu’il y a beaucoup de fantasmes qui sont nourris autour des opposants », conclut Timothée.

Ce lundi, trois personnes sont jugées en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Rennes. Deux autres personnes avaient été interpellées et seront convoquées ultérieurement. Un nouveau rassemblement est par ailleurs annoncé sur le site de la ZAD le 27 février.