Coupe de France: Pourquoi l'US Saint-Malo peut battre le Gazélec Ajaccio

FOOTBALL Les Corsaires affrontent les Corses, mardi soir au Roudourou...

Jeremy Goujon

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Les joueurs de Saint-Malo après leur qualification à Avranches, le 2 janvier 2016.
Les joueurs de Saint-Malo après leur qualification à Avranches, le 2 janvier 2016. — É. Chauffaut / US Saint-Malo

Trois divisions d’écart obligent, l’US Saint-Malo (CFA) ne partira pas favorite face au Gazélec Ajaccio (Ligue 1), mardi (21 h), en 8es de finale de la Coupe de France. Les joueurs de Pierre-Yves David ont pourtant de bonnes raisons de croire en la qualification, et pas seulement en raison de la « magie » de la compétition.

Parce que les Malouins sont moins fatigués

Là où Ajaccio sort de trois matchs en une semaine - dernier en date, samedi, contre Guingamp (0-0) -, Saint-Malo n’a pas joué depuis le 31 janvier. Son championnat faisant relâche ce week-end, l’USSM n’a pas chômé pour autant, entre séquences vidéos et séances d’entraînement. Les ultimes réglages sont prévus ce lundi, sur le terrain d’honneur de Marville (18 h 30).

Même si Pierre-Yves David n’entend pas changer de fusil d’épaule. « Nous ne dérogerons pas à nos principes de jeu dans l’utilisation du ballon, la récupération, déclare l’entraîneur breton sur le site de la FFF. Nous nous appuierons sur nos circuits préférentiels, en tâchant de pratiquer notre meilleur football. » Une plus grande fraîcheur physique en faveur des Corsaires devrait en ce sens les y aider.

Parce que les Ajacciens ne tournent plus rond

On ne donnait pas cher de la peau du Gazélec en L1, surtout après l’entame catastrophique du promu (trois nuls et sept revers au bout de dix journées). Et puis, il y a eu cette superbe série de onze rencontres sans défaite (six victoires, cinq nuls), finalement brisée par le but contre son camp de Rodéric Filippi à Rennes (1-0), le 22 janvier.

Une issue cruelle dont l’équipe corse a du mal à se relever, comme en témoignent ses derniers résultats : déroute à domicile contre Montpellier (0-4), défaite à Nantes (3-1), et incapacité à battre des Guingampais réduits à dix dès la 8e minute. « On est dans le dur, reconnaît le coach des Gaziers, Thierry Laurey, dans les colonnes de Ouest-France. Je ne pense pas que ce soit une histoire de confiance, en tout cas pas pour l’instant. »

Parce que Saint-Malo a déjà terrassé plus fort que lui

Pour se hisser pour la première fois depuis 1949 en 8es de finale de la Coupe de France, le club bretillien a fait respecter la hiérarchie (COB Saint-Brieuc, Combourg, Châteaugiron, GSI Pontivy) ou maté son équivalent (Mont-de-Marsan), mais aussi déjoué les pronostics. Ce fut le cas à Avranches (National) en 32e de finale, et plus encore face au Red Star (Ligue 2), au 7e tour.

Si le succès 3-1 fut à l’époque décrit tel un « exploit », Pierre-Yves David préféra user du terme « performance », tant il n’y avait pas photo entre les deux formations. Ce triomphe a par ailleurs servi de déclic aux partenaires du capitaine Thomas Lahaye. Depuis le 14 novembre, ceux-ci ont ainsi aligné cinq victoires et un nul en CFA. On imagine les effets d’une éventuelle qualification, mardi soir…

Parce que le match a lieu à Guingamp

Beaucoup se sont émus de la décision des dirigeants malouins de délocaliser l’affiche au Roudourou, et non au Roazhon Park, comme ils en avaient également la possibilité. « Je comprends que certains s’interrogent, mais nous avons fait un choix réfléchi, argue le co-président Roland Beaumanoir. Si nous arrivons à convaincre entre 12 000 et 15 000 personnes à venir nous soutenir, le Roudourou donnera l’impression d’être plein. La même chose à Rennes, cela donnerait le sentiment d’un stade vide. »

Outre une question de jauge, l’US Saint-Malo s’est peut-être dit que l’antre fétiche des « Paysans », récents doubles vainqueurs de la Coupe (2009 et 2014), allait davantage leur porter chance que l’autre enceinte rouge et noire, plutôt maudite pour son habituel résident