Essai clinique à Rennes: Marisol Touraine révèle trois manquements majeurs de Biotrial

SANTE Un pré-rapport a été présenté ce jeudi par la ministre de la Santé...

C.A.

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Vue extérieure des locaux de Biotrial à Rennes où a eu lieu un accident lors d'un essai clinique.
Vue extérieure des locaux de Biotrial à Rennes où a eu lieu un accident lors d'un essai clinique. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Y-a-t-il eu des failles dans l'essai clinique mené par le laboratoire rennais Biotrial? A en croire, la ministre de la Santé, il semblerait que oui. Lors de la présentation du pré-rapport de la police sanitaire, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), la ministre a relevé «trois manquements majeurs». Trois semaines après la mort d'un patient lors d'un essai clinique à Rennes, on ne connaît pas les causes du drame.

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Ce jeudi, la ministre de la Santé a annoncé que le pré-rapport, «ne permettait pas de connaître les causes de l'accident» avant de préciser que l'Igas avait relevé trois manquements majeurs. La police sanitaire a notamment constaté que le centre de recherche médicale «ne s'est pas tenu suffisamment informé de l'état de santé des premiers volontaires hospitalisés». Enfin, l'Igas estime que Biotrial a tardé à signaler l'accident aux autorités.

Pourquoi une dernière dose?

L'Igas regrette également que le laboratoire a procédé le 11 janvier à l'administration de la molécule à d'autres volontaires, alors qu'un volontaire avait été déjà hospitalisé la veille. «Les symptômes étaient légers et nous l’avons envoyé par précaution au CHU», confiait à 20 Minutes le directeur de Biotrial François Peaucelle.

«La procédure a été respectée»

Toutefois, le rapport note que la «procédure a été intégralement respectée» lors de cet essai, et que le protocole suivi par le laboratoire «respecte la réglementation actuelle». Vendredi, le patron du laboratoire Biotrial François Peaucelle nous avait confié «ne pas avoir identifié d'erreurs» et avoir «arrêté l'essai à temps».

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Cet essai clinique, mené au sein du centre de recherche Biotrial à Rennes, devait permettre de tester une molécule développée par le laboratoire portugais Bial, et censée soulager la douleur et l’anxiété. Les prises répétées du traitement avaient conduit à la mort d’un homme de 49 ans, et à l’hospitalisation de cinq autres patients mi-janvier.

Les autres patients suivant cet essai, mais dont le process était moins avancé, n’ont révélé aucune pathologie.