Pourquoi la Bretagne s’ancre au Gouvernement

POLITIQUE Le Finistérien a remplacé Christiane Taubira au ministère de la Justice…

Camille Allain

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Jean-Jacques Urvoas, ici aux côtés de Manuel Valls.
Jean-Jacques Urvoas, ici aux côtés de Manuel Valls. — Frederic Sierakowski / Isop / SIPA

Nommé la semaine dernière au ministère de la Justice en remplacement de Christiane Taubira, le Finistérien Jean-Jacques Urvoas vient garnir les rangs des ministres bretons membres du Gouvernement. Depuis l’arrivée de François Hollande à la présidence, Jean-Yves Le Drian et Marylise Lebranchu y avaient pris leurs quartiers. Natif de la région, Benoît Hamon y a également siégé, avant d’être remercié.

Une nouveauté pour la région, qui avait presque déserté le conseil des ministres quand la droite était au pouvoir. François Hollande tient-il à remercier la Bretagne d’avoir voté en sa faveur ? Le politologue rennais Romain Pasquier nous apporte son éclairage.

Une nomination pas si surprenante

Le député né à Brest a été en charge des questions de sécurité au Parti socialiste. « Il n’était pas passé loin d’être nommé ministre de l’Intérieur. Cela fait plusieurs mois qu’il se prépare à cette fonction. Il maîtrise très bien les questions de justice et de sécurité », analyse le politologue.

Un « cadeau » aux troupes socialistes bretonnes.

En 2012, la région avait voté à plus de 56 % en faveur du candidat Hollande. Et la région est restée aux mains de la gauche en décembre. « C’est plutôt un remerciement aux troupes socialistes qui ont bien résisté lors des dernières élections. La Bretagne est un des derniers bastions, François Hollande en aura besoin s’il veut accéder au second tour. Il s’entoure de ses fidèles, des hommes et des femmes qui sont attachés à la Bretagne comme au Parti socialiste », estime Romain Pasquier.

La Bretagne pourrait en profiter.

Lors de son élection en décembre, Jean-Yves Le Drian avait annoncé vouloir expérimenter en Bretagne, innover. Ses fonctions à la Défense ont sans doute déjà permis de maintenir des sites militaires ouverts dans la région. « Cela ne va pas desservir la région, c’est certain. Mieux vaut avoir des personnes de confiance bien placées. Mais d’ici la fin du quinquennat, je ne pense pas que le Gouvernement se lance dans de grandes manœuvres qui servent telle ou telle région ».

Qui sera le prochain sur la liste ?

Les personnalités susceptibles d’intégrer un jour le Gouvernement ne sont plus très nombreuses dans la région. A part peut-être la députée-maire de Rennes Nathalie Appéré. « Il se murmure qu’elle a des ambitions. Là encore, on pourrait récompenser sa fidélité. Elle a toujours été très protectrice vis-à-vis du Parti socialiste et elle est assez jeune ». Les innombrables déplacements de ministres dans la capitale bretonne ces dernières années sont également un bon indicateur de la cote de la maire.