Crise des éleveurs: La menace plane sur la grande distribution en Bretagne

AGRICULTURE Le préfet a prévenu que des actions pourraient avoir lieu dans les jours à venir…

Camille Allain

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Illustration d'un parking de supermarché saccagé par des agriculteurs à Rennes en juillet 2015.
Illustration d'un parking de supermarché saccagé par des agriculteurs à Rennes en juillet 2015. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Après avoir bloqué les axes routiers, les agriculteurs bretons menacent de s’en prendre aux grandes surfaces. C’est en tout cas ce qu’a annoncé le préfet de région Patrick Strzoda. « Nous avons reçu des informations selon lesquelles les grandes et moyennes surfaces et les centrales d’achats pourraient être visées », a poursuivi le préfet. Mardi, un supermarché de Quimper a notamment été visé, et d’autres actions étaient envisagées dans la semaine.

« Il voulait nous rassurer »

Selon le préfet, certains magasins auraient reçu des menaces téléphoniques les informant d’actions à venir. Patrick Strzoda a donc réuni les représentants des magasins. « Il voulait avant tout nous rassurer, nous expliquer que les forces de l’ordre seraient là pour assurer la sécurité », explique un dirigeant d’enseigne.

Mobilisés contre la baisse des prix de la viande et du lait, les éleveurs avaient déjà sévèrement tapé sur la grande distribution l’été dernier. De nombreuses grandes surfaces avaient été bloquées, des rayons entiers vidés et des parkings saccagés.

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Une situation qui ne devrait pas se reproduire, à en croire le préfet. « On ne va pas régler cette crise à travers des manifestations violentes. Nous ne laisserons pas faire ». Le discours est d’ailleurs le même du côté de la gendarmerie. « Nos patrouilles sont mobilisées pour éviter toute action hors contrôle. Il faut casser le sentiment d’impunité », a déclaré le général Renaud, patron des gendarmes bretons.

« Il y a une forme d’inquiétude »

Du côté des grandes surfaces, on avoue « avoir un peu peur » d’éventuelles actions. « On nous a prévenus que cela pourrait arriver. Il y a une forme d’inquiétude chez les salariés car ce sont eux qui sont en première ligne », témoigne un responsable d’enseigne.

Les dégâts causés par les blocages routiers ont été évalués à près de quatre millions d’euros en Bretagne, selon les services de l’Etat.