Stade Rennais: «On sentait qu’on n’avait pas le droit à l’erreur», affirme Frédéric Née

INTERVIEW L'ancien adjoint de Philippe Montanier revient sur son éviction du club breton...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

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Frédéric Née (à d.) aura quand même passé de bons moments au Stade Rennais.
Frédéric Née (à d.) aura quand même passé de bons moments au Stade Rennais. — ROUGE Mémoire

Démis de ses fonctions au Stade Rennais dans la foulée de Philippe Montanier, Frédéric Née ne sera resté que sept mois entraîneur des attaquants du SRFC. Une courte expérience qui laisse un goût d’inachevé à l’ancien buteur bastiais.

Comment avez-vous vécu votre licenciement ?

C’était assez dur. Ces situations ne sont jamais évidentes. Quand on est mal classé, on peut comprendre, mais là, c’est encore plus dur [Rennes était 6e quand Montanier a été limogé]. Les dirigeants ont estimé que le spectacle n’était pas assez bon, et ils ont fait des choix.

Éprouvez-vous de la rancœur ?

Pas du tout. On avait la 3e meilleure attaque, on a marqué lors de 19 des 21 matchs de championnat… Après, le spectacle est toujours une donnée qu’on aimerait avoir, et qu’on n’a pas toujours. Il y a des regrets parce qu’on n’a pas fait jouer l’équipe assez bien, mais c’est une chose compliquée dans le foot, surtout sur la durée. Pour ma part, j’étais venu pour renforcer l’attaque (sic), et par rapport aux chiffres de l’an dernier, on était en net progrès [les Rouge et Noir n’avaient inscrit que 22 buts au bout de 21 journées en 2014-2015, contre 31 cette saison].

Ce manque de spectacle était aussi lié à un déficit de résultats à domicile…

Je comprends la grogne des supporters. C’est normal, ils aiment voir leur équipe gagner. Si les résultats avaient été inversés [avec ceux obtenus à l’extérieur], la donne aurait été différente. Comment expliquer ce grand manque à domicile ? On ne sait toujours pas. Alors peut-être qu’il fallait un changement d’entraîneur, pour apporter d’autres mots. Les joueurs sont les mêmes, la tactique n’a pas trop évolué lors du match face à Ajaccio [pour la première de Rolland Courbis]. Peut-être que le nouveau coach va trouver le petit déclic. Je l’espère pour le Stade Rennais et ses supporters.

Certains parlent de l’arrivée de Rolland Courbis sur le banc comme d’un acte prémédité. Pensez-vous la même chose ?

C’est sûr que sa venue [comme conseiller] n’a pas arrangé notre situation. Avec quelqu’un derrière nous, on sentait qu’on n’avait pas le droit à l’erreur. De là à dire que sa nomination en tant qu’entraîneur était préméditée… Je ne veux pas y croire. Mais le fait que la solution de remplacement soit déjà là, ça a facilité la tâche du club.

Courbis a déclaré que Philippe Montanier ne lui avait pas ouvert sa porte. Vous confirmez ?

Rolland dit ce qu’il veut. Moi, je préfère le laisser travailler tranquillement, et passer à autre chose. Le plus important maintenant, c’est que le Stade Rennais enchaîne les bons résultats.

Votre arrivée au club à l’été 2015 était plus un choix de Montanier qu’un souhait du président Ruello ?

Oui, car je connaissais Philippe. J’ai ensuite eu le président au téléphone, et ça ne lui posait aucun problème. J’étais bien avec les deux parties, et le fait que je vienne avec Philippe clarifiait les choses. S’il arrivait un problème à partir de novembre-décembre, j’étais solidaire avec lui. C’est ce qui s’est passé quand on a été licenciés : j’ai des valeurs, et je ne me voyais pas travailler avec quelqu’un d’autre, sachant que Philippe m’avait fait venir. Le club l’a compris, j’ai parlé avec Mikaël Silvestre et ça s’est très bien passé. On a vécu assez de moments dans le football tous les deux pour comprendre que l’intérêt de chacun était de se séparer, afin que le nouveau staff travaille sereinement.

Quels étaient vos rapports avec les attaquants du Stade Rennais ?

J’ai passé de bons moments. Je suis déçu de les laisser en cours de saison, mais ça fait partie du métier. Eux ont déjà tourné la page.

Quid de votre avenir personnel ? Votre ancien binôme à Bastia, Frédéric Hantz, a repris du service à Montpellier. Vous a-t-il contacté pour redevenir son adjoint ?

Oui, mais par rapport à ma situation familiale, j’ai dû malheureusement refuser l’offre.

Il aurait mieux valu qu’il remplace Philippe Montanier, finalement…

Dans l’idéal, oui, même si Montpellier est aussi un très bon club. Là, le timing n’était pas bon. Pour l’instant, je privilégie ma famille.