VIDEO. Stade Rennais: On s'attendait au Full Monty, on a eu droit au Monty piteux

FOOTBALL Viré mercredi, Philippe Montanier ne laissera pas un souvenir impérissable sur les bords de la Vilaine...

Jeremy Goujon

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Philippe Montanier, ancien entraîneur du Stade Rennais.
Philippe Montanier, ancien entraîneur du Stade Rennais. — M. Pattier / Sipa

Bien sûr, la manière dont Philippe Montanier a été limogé du Stade Rennais laisse à désirer. Mais le départ du technicien normand est la meilleure des nouvelles pour le club breton. Et on vous dit pourquoi, quitte à tirer sur l’ambulance.

Parce qu’il a de fausses qualités
Un supporter rennais tweettait récemment : « Montanier a l’air tellement sympa que j’ai du mal à le détester ». Nous confirmons que l’entraîneur est plutôt souriant, taquin et qu’il sait manier l’ironie, même si celle-ci pouvait virer à la mauvaise foi, comme après la victoire à Angers (0-2). Le problème, c’est qu’on ne lui demandait pas d’être sympathique. Un coach, c’est comme un joueur ou un arbitre : ce qu’on lui demande, c’est d’être bon. Or, durant deux ans et demi au SRFC, « Monty » (son surnom à la Real Sociedad) n’aura pas été au niveau.

>>> Ses premiers mots à Rennes, le 4 juin 2013



Parce qu’il n’a pas su performer
« Philippe Montanier fera certainement mieux que son prédécesseur. » La phrase prononcée par Jacques Wattez, président de Boulogne-sur-Mer (que Montanier a fait monter en Ligue 1 en 2009), dans les colonnes de 20 Minutes (21 mai 2013), est aujourd’hui à ranger au rayon des histoires drôles. On n’attaquera pas le natif de Vernon sur la finale de Coupe de France perdue contre Guingamp, puisque depuis 45 ans, et quel que soit l’entraîneur, le SRFC ne gagne aucun trophée. En revanche, terminer 12e du championnat en 2014, 9e la saison suivante, et être incapable de gagner à domicile depuis août 2015 (dix matchs de rang, un record), c’est indigne du meilleur coach de Liga 2013. Frédéric Antonetti, lui, en rigole encore.

Parce qu’il a menti
« J’ai toujours été persuadé qu’en jouant bien, sur la durée, on a des résultats. Donc, sans le jeu, on n’est rien. » Ainsi parlait Montanier dans France Football, le 3 septembre 2013. Une doctrine logique, croyait-on, pour celui qui avait transformé Valenciennes en « Barça du Nord ». Les supporters rennais n’auront cependant jamais vu de tiki-taka.

Monty avant et après. Réalisé sans trucage - ROUGE Mémoire

La faute à une frilosité excessive de leur ancien (supposé) Messi(e), dont le point culminant fut atteint le 23 septembre 2015 à Ajaccio. Face au Gazélec, alors bon dernier, Philippe Montanier « osa » la preuve par neuf (joueurs derrière). « Il m’est arrivé de prendre beaucoup de plaisir à faire des défenses renforcées », racontait-il deux semaines plus tôt, toujours dans FF. Un plaisir solitaire qui poussera certains fans, lassés du running-gag « Solide Costaud », à réclamer sa démission, quelques mois plus tard…

Parce que même Gilbert Montagné aurait été plus clairvoyant
Si Juan Fernando Quintero n’a débuté que six rencontres cette année, il le doit en grande partie à la cécité (et au caractère borné) de son désormais ex-entraîneur. Voulant à tout prix tenir tête à René Ruello, lequel avait préféré embaucher le Colombien en prêt plutôt qu’enrôler un autre n°9 (pour concurrencer Giovanni Sio), Monty s’est régulièrement passé des services du joueur frisson, comme à l’époque de Julien Féret. Moins doués, mais pas moins méritants, Philipp Hosiner et Silvio Romero avaient eux aussi été ignorés, sans trop qu’on sache pourquoi. Quelque chose nous dit pourtant que la route de Lorient aurait aimé voir durablement un avant-centre susceptible de faire chavirer le stade, ou un autre capable de planter un doublé contre Saint-Étienne.

>>> Ses derniers mots à Rennes, le 19 janvier 2016



Parce que son bilan est moisi
Pas de résultats (pire pourcentage de succès - 32 % - pour un coach rennais en L1 depuis Philippe Bergeroo en 2002 - 10 %), pas de jeu, pas d’émotions. Censé franchir un cap avec Philippe Montanier, dont le manque de remise en question en aura agacé plus d’un, le Stade Rennais a tout juste glané un titre de champion de Bretagne. Du lourd, comme le nombre de joueurs à ce jour sous contrat en Ille-et-Vilaine (39). L’héritage de celui devenu en parallèle directeur des affaires sportives (mai 2014), inexplicablement prolongé un an plus tard (jusqu’en 2019 !), sera vraiment dur à digérer…