Essai thérapeutique à Rennes: Marisol Touraine égratigne le laboratoire Biotrial

SANTE La ministre de la Santé aurait aimé être prévenue plus tôt...

C.A.

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La ministre de la Santé Marisol Touraine accueillie par la directrice du CHU de Rennes pour évoquer les six patients hospitalisés après un essai thérapeutique.
La ministre de la Santé Marisol Touraine accueillie par la directrice du CHU de Rennes pour évoquer les six patients hospitalisés après un essai thérapeutique. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Au lendemain du décès du patient ayant subi des essais thérapeutiques à Rennes, la ministre de la Santé Marisol Touraine a égratigné les laboratoires Biotrial et Bial qui menaient l’essai clinique. « Une alerte plus rapide aurait été appréciée. C’est vrai que face à un événement aussi grave, on attendait du laboratoire qu’il se manifeste plus rapidement auprès des autorités sanitaires », a-t-elle déclaré ce lundi sur RTLBiotrial a affirmé lundi que le groupe portugais avait alerté dès mercredi l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

« Les deux laboratoires coopèrent »

Le premier patient a été pris en charge dimanche au CHU. Les autres patients ont d’ailleurs reçu une nouvelle dose lundi matin, avant d’être pris en charge eux aussi après des maux de tête. Le ministère a été prévenu jeudi, soit quatre jours plus tard. La ministre, qui s’est rendue à Rennes vendredi, a précisé que « les deux laboratoires coopéraient à l’enquête ».

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Dimanche, l’homme qui se trouvait dans un état de mort cérébrale depuis une semaine est décédé. Cinq autres personnes sont toujours hospitalisées au CHU Pontchaillou à Rennes, dont quatre souffrent de lésions cérébrales. « Leur état est stable », a fait savoir la ministre, confirmant les éléments communiqués par le CHU dimanche. Ces patients ont tous reçu

Cet essai, entamé en juillet 2015, portait sur un antalgique censé soulager l’anxiété et la douleur. Quatre-vingt-quatre autres personnes ont suivi ce traitement, à des doses inférieures. Selon Biotrial, « elles sont toutes saines et sauves » et ne présentent pas de troubles particuliers.

La ministre demande une aide financière

Cinq sont toujours sous surveillance au CHU. « Je souhaite que le laboratoire dans lequel a été réalisé l’essai clinique s’engage directement ou à travers ses assureurs et que des avances financières puissent être apportées à ces personnes », a fait savoir la ministre.

Trois enquêtes ont été ouvertes à la suite de cet accident. Mais en attendant, les essais cliniques pourront se poursuivre en France selon la ministre. « Il y a un problème majeur, inédit en France et nous devons comprendre ce qui s’est passé, mais rien ne justifie d’interrompre l’ensemble des essais cliniques, même si j’imagine que les centres qui les pratiquent aujourd’hui doivent être encore plus vigilants », a-t-elle déclaré sur la radio.