Essai thérapeutique à Rennes: Le patient en état de mort cérébrale est décédé

SANTE Trois enquêtes sont en cours dans le cadre de cette affaire…

Jérôme Gicquel

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Vue extérieure des locaux de Biotrial à Rennes où six patients ont participé à un essai thérapeutique.
Vue extérieure des locaux de Biotrial à Rennes où six patients ont participé à un essai thérapeutique. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Deux jours après la révélation de l’accident survenu lors d’un essai clinique de médicament au laboratoire privé Biotrial à Rennes, les questions restent encore nombreuses pour tenter d’expliquer ce drame « d’une exceptionnelle gravité », comme l’a souligné vendredi Marisol Touraine, ministre de la Santé. 20 Minutes fait le point sur les dernières avancées dans cette affaire.

Une victime est décédée, les cinq autres dans un état stable.

La victime qui se trouvait en état de mort cérébrale est décédée ce dimanche en milieu de journée, a indiqué le CHU de Rennes dans un communiqué. Les cinq autres victimes sont toujours hospitalisées dans un état stable. Quatre d'entre elles présentent des troubles neurologiques, avec des risques de séquelles. Le sixième patient a quant à lui été hospitalisé par précaution mais ne présente pas de symptômes. « Un accompagnement social et psychologique a également été mis en œuvre », a indiqué le CHU.

Tous les autres volontaires de l’essai contactés.

Les 84 autres personnes qui avaient participé au test de Biotrial et pris la molécule incriminée ont toutes été contactées par téléphone. Selon Biotrial, « elles sont toutes saines et sauves » et ne présentent pas de troubles particuliers.

Qui sont les volontaires qui testent les médicaments ?

Le CHU de Rennes précise que 10 d'entre elles ont été reçues en consultation samedi après-midi et ont bénéficié d'un examen. « Les anomalies cliniques et radiologiques présentes chez les patients hospitalisés n’ont pas été retrouvées chez ces 10 volontaires », souligne le CHU. Parallèlement, 66 appels ont été réceptionnés au numéro vert mis en place par le CHU.

Trois enquêtes actuellement en cours.

Sitôt le scandale dévoilé, trois enquêtes ont été ouvertes au laboratoire Biotrial de Rennes. La police judiciaire a procédé à une première perquisition dès vendredi soir dans les locaux du centre de recherche où étaient menés les essais pour le compte du laboratoire pharmaceutique portugais Bial. Des lots de médicaments incriminés ont notamment été saisis. Des agents de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) étaient également présents samedi dans les locaux de Biotrial pour interroger le personnel ainsi que des représentants du laboratoire portugais qui a commandité l’essai clinique.

Le mystère demeure autour de cet accident.

« À l’heure qu’il est, nous restons toujours dans un cadre d’événements imprévisibles, inexpliqués et inexplicables », a déclaré le directeur général de Biotrial François Peaucelle samedi en fin d’après-midi devant son établissement. « Les inspecteurs ont passé un certain nombre d’entretiens, ils ont interrogé un certain nombre de personnes qui étaient intervenues dans le projet, ils ont regardé un certain nombre de documentation, pour analyser la façon dont les process de déroulement de l’étude avaient été suivis », a détaillé François Peaucelle. Le directeur général de Biotrial a par ailleurs vanté le sérieux de la société portugaise Bial. « Ça fait six ans qu’on travaille avec le laboratoire Bial, c’est un laboratoire sérieux, reconnu », a-t-il expliqué.