Rennes: Défilé de milliers d'opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

ENVIRONNEMENT Opposants, écologistes et même agriculteurs ont défilé, ce samedi à Rennes, pour protester contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes…

M.L. avec AFP

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Un opposant à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 13 janvier, à Nantes.

Un opposant à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 13 janvier, à Nantes. — S.SALOM-GOMIS/SIPA

Nouvelle (forte) mobilisation. Samedi, des milliers de personnes, accompagnées par une centaine de tracteurs, ont défilé pacifiquement dans les rues de Rennes pour protester une nouvelle fois contre le projet d’installer un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Les manifestants étaient 2.000 selon la police, et 5.000 selon les organisateurs.

Les opposants, qui protestent plus particulièrement contre la procédure d’expulsion d’une quinzaine d’habitants historiques du site de Notre-Dame-des-Landes, ont d’abord formé dans la matinée trois convois composés de tracteurs, vélos et piétons, qui se sont ensuite rejoints devant les locaux de Rennes métropole au sud de la ville.

«Que le président respecte sa parole»

« Ce que nous demandons, c’est que le président (François Hollande) respecte sa parole ! », a demandé Sylvain Fresneau, un agriculteur opposant historique au projet d’aéroport. Les opposants accusent le président de la République d’avoir « trahi » son engagement, pris en 2012, de geler les expulsions tant que les recours déposés contre le projet n’avaient pas été épuisés, ce qui inclut, selon eux, les procédures d’appel.

Onze familles, anciens propriétaires ou locataires de maisons rétrocédées à Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale du groupe Vinci et concessionnaire du site, et quatre exploitants agricoles qui ont refusé de vendre leurs terres à l’amiable, ont été assignés en référé, mercredi, devant le juge de l’expropriation du tribunal de grande instance de Nantes.

AGO réclame leur expulsion immédiate, assortie d’une astreinte journalière de 200 à 1.000 euros et d’une mise sous séquestre de leurs biens et cheptels s’ils n’obtempèrent pas. La décision sur leur expulsion a été mise en délibéré au 25 janvier.

Le transfert de l’actuel aéroport vers le site de Notre-Dame-des-Landes, à 20 km au nord de l’agglomération nantaise, devait initialement s’achever en 2017 mais les travaux sont suspendus depuis 2012. Une nouvelle mobilisation est prévue, samedi prochain, à Nantes.