VIDEO. Essai thérapeutique à Rennes. Ce que l’on sait après la mort cérébrale d’un patient

SANTE Une personne est en état de mort cérébrale, cinq autres sont hospitalisées...

C.A.

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Illustration de médicaments.
Illustration de médicaments. — Loic Venance AFP

Une personne se trouve en état de mort cérébrale et cinq autres sont hospitalisées dans un état grave après un essai thérapeutique qui a mal tourné à Rennes. La ministre de la Santé Marisol Touraine a fait le point ce vendredi au CHU de la capitale bretonne.

Que s’est-il passé?

Six personnes ont été hospitalisées à Rennes. Toutes ces personnes suivaient un traitement réalisé dans le cadre d’un essai thérapeutique mené par le laboratoire privé Biotrial de Rennes. L’un des patients, pris en charge dimanche, est aujourd’hui en état de mort cérébrale. Les cinq autres personnes sont toujours hospitalisées. Les autres patients ont été rappelés par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Au total, 90 personnes ont participé à cet essai clinique. «Les six personnes hospitalisées sont celles qui ont reçu le plus de doses», a expliqué la ministre.

Comment se portent les victimes?

Les six patients sont tous des hommes âgés de 28 à 49 ans originaires de Bretagne et de Mayenne. «Ils étaient tous volontaires pour participer à cet essai», a rappelé la ministre de la Santé. Le premier patient pris en charge dimanche est en état de mort cérébrale. «Son état s'est très vite dégradé. On a d'abord cru à un AVC», a fait savoir le professeur Gilles Edan, chef du pôle Neurosciences au CHU de Rennes. Trois autres patients ont subi des lésions neurologiques jugées «irréversibles», a expliqué le professeur. «Ils sont conscients, on ne sait pas comment ça va évoluer. Aujourd'hui, nous n'avons pas d'antidote». Le dernier patient a été pris en charge et reste suivi de très près.

De quel essai clinique parle-t-on?

On a d'abord parlé d'un antalgique à base de cannabis. Ce n'est pas le cas. La ministre de la Santé a clairement expliqué que ce traitement ne contenait pas de cannabis. Pris par voie orale, le traitement a commencé en juillet 2015 et visait à réduire les douleurs. Les symptômes n'ont commencé que dimanche, soit trois jours après l'intenfisication des doses.

L'essai clinique tourne mal: Suivez notre live

Le médicament était en cours de développement par le laboratoire portugais Bial. Le laboratoire privé qui menait cet essai est le laboratoire Biotrial, basé à Rennes. Les patients vivaient au sein du laboratoire ces derniers jours afin de suivre l'évolution du traitement.

Que va-t-il se passer maintenant?

L’essai clinique a immédiatement été arrêté lundi, dès que le laboratoire en a informé l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Une inspection technique sur le site de réalisation de ces essais cliniques sera réalisée. Une enquête pour blessures involontaires supérieures à trois mois a été ouverte au sein du pôle de santé publique du parquet de Paris.