Bretagne: Le mouvement des bonnets roses voit le jour sur fond de crise porcine

AGRICULTURE Près de 1.000 éleveurs vont manifester jeudi devant le marché du porc breton à Plérin…

Jérôme Gicquel

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Des porcelets lâchés par des agriculteurs au rayon charcuterie d'une grande surface de Rennes le 7 février 2015 pour protester contre la baisse du prix du porc.
Des porcelets lâchés par des agriculteurs au rayon charcuterie d'une grande surface de Rennes le 7 février 2015 pour protester contre la baisse du prix du porc. — Damien Meyer AFP

Après les bonnets rouges, place aux bonnets roses. En guise de clin d’œil au collectif qui s’était monté fin 2013 en Bretagne pour exiger la suppression de l’écotaxe, un mouvement d’éleveurs de porcs vient de voir le jour dans la région pour « sauver l’élevage français ». Pour sa première action publique, le collectif promet de frapper fort avec près de 1.000 éleveurs venus de tout le Grand Ouest attendus jeudi matin devant le marché du porc breton à Plérin (Côtes d’Armor).

Vers la mort du marché du porc breton de Plérin ?

« Toutes les productions animales vont très mal. Chaque semaine, ce sont cinq ou six exploitations, principalement porcines, qui disparaissent. Il y a donc urgence à ce que les éleveurs reprennent leur destin en main », assure Olivier Etienne, producteur de porcs à Loudéac et membre du collectif, qui se définit comme apolitique et affilié à aucun syndicat. « Nous leur avons fait confiance un moment mais ils n’ont aujourd’hui plus aucune crédibilité sur le terrain », balance-t-il.

Haro sur la viande allemande et espagnole

Après une année 2015 particulièrement agitée, les éleveurs de porcs remontent donc au créneau pour réclamer une meilleure rémunération. « Le cours du porc est actuellement à 1,073 euro le kilo alors que notre coût de production est à 1,50 euro. La situation n’est plus tenable. On prend du retard dans nos porcheries avec des cochons qui grossissent et qui deviennent invendables. Et pendant ce temps-là, des camions remplis de viande allemande ou espagnole arrosent nos marchés », dénonce Olivier Etienne.

Cinq questions pour tout comprendre à la crise du porc

Dans ce contexte de concurrence européenne, les éleveurs de porcs lancent donc un appel aux responsables de la grande distribution pour leur demander « de mieux valoriser la viande française ». « Il va falloir qu’ils fassent pression sur les salaisonniers et transformateurs afin que ces derniers n’utilisent que de la viande française », indique l’éleveur breton.

« Nous voulons des prix et pas des aides »

Le collectif des Bonnets roses compte également rencontrer « le plus vite possible » le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, à qui il reproche son manque d’engagement dans la crise agricole. « Rien n’a changé depuis la crise de cet été, bien au contraire. Et ce n’est pas des aides que nous attendons mais des prix corrects pour notre viande », poursuit Olivier Etienne.

Le collectif exige notamment que Stéphane Le Foll signe un décret rendant obligatoire la mention d’origine des viandes sur les produits transformés. « On n’acceptera aucun contrôle dans nos exploitations tant que ce décret ne sera pas signé. On ne peut pas demander aux éleveurs français de se plier en quatre et retrouver sur les étals des supermarchés de la viande étrangère qui ne respecte pas le même cahier des charges ».