Outreau, Meilhon ou Clichy-sous-Bois: Les grands procès ont retardé les tribunaux de Rennes

JUSTICE En 2015, plusieurs grandes affaires ont été jugées à Rennes...

Camille Allain

— 

Daniel Legrand et son avocat Julien Delarue devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine à Rennes après l'acquittement de Daniel Legrand.
Daniel Legrand et son avocat Julien Delarue devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine à Rennes après l'acquittement de Daniel Legrand. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

« En 2015, nous avons jugé moins d’affaires aux assises », assure Véronique Malbec, procureur général près la cour d’appel. Et pourtant, ils n’ont pas chômé les magistrats rennais ! L’an passé, trois procès particulièrement sensibles ont été jugés dans la capitale bretonne, dont deux avaient été « dépaysés ». Des procédures très longues et souvent pénibles du fait de leur grande médiatisation.

Clichy-sous-Bois, Outreau et Meilhon

Le drame de Clichy-sous-Bois d’abord, jugé en mars devant le tribunal correctionnel de Rennes, qui avait cristallisé les tensions autour de la mort de Zyed et Bouna dix ans plus tôt. Celui de Daniel Legrand fils ensuite, qui a fait ressurgir le dossier Outreau 15 ans après les faits. Et le procès en appel de Tony Meilhon, renvoyé en 2014 en raison de la grève des avocats, où il a été jugé coupable du meurtre de Laëtitia Perrais en 2011 à Pornic.

Conséquence, la cour d’appel de Rennes a pris un peu de retard dans ses dossiers. « C’est sûr que quand on nous attribue d’autres dossiers, on ne peut pas traiter les affaires régionales », reconnaît Véronique Malbec.

« La situation n’a jamais été aussi compliquée »

Dans son allocution de rentrée ce jeudi, le procureur général a d’ailleurs rappelé ses préoccupations sur les moyens accordés à la justice. « Depuis trois ans que je suis arrivée, la situation n’a jamais été aussi compliquée. On entend souvent Bobigny ou Créteil se plaindre des manques d’effectifs. En Bretagne aussi, la situation est tendue ».

En 2016, 14 % des postes de magistrats restent vacants ou inoccupés. « A Saint-Brieuc, ils ne sont que cinq magistrats au parquet au lieu de sept », regrette Véronique Malbec. «Notre priorité, c'est de traiter les urgences et l'aide aux victimes».