René Louail, tête de liste écologiste aux régionales en Bretagne.
René Louail, tête de liste écologiste aux régionales en Bretagne. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

ELECTIONS

Régionales 2015: Les écologistes dénoncent «la trahison» de Jean-Yves Le Drian

La liste de René Louail a été écartée par les socialistes...

La Bretagne continue de cultiver sa singularité aux élections régionales. Alors que la gauche y arrive très largement en tête et que le Front national se situe en deçà de la moyenne, la région sera la seule où aucun accord n’a pu être trouvé entre les socialistes et les écologistes.

La liste de René Louail, créditée de 6,70 % des voix, est donc éclipsée du second tour. « C’est une trahison. Cette attitude d’arrogance et d’autorité, nous la dénonçons. Jean-Yves Le Drian a tout fait pour qu’il n’y ait pas d’écologistes au Conseil régional », tacle René Laouail. Accusés par Jean-Yves Le Drian d’avoir des exigences trop élevées sur le nombre de postes, les écologistes ont livré leur version des faits. « Il ne peut pas y avoir de désaccord, car il n’y a pas eu d’échange », regrette René Louail.

Lors des brefs échanges avec le directeur de campagne de Jean-Yves Le Drian, les écologistes avaient demandé l’application de la proportionnelle, soit « six à huit élus selon le score de la liste au second tour ». En retour, les socialistes auraient proposé trois élus « plus deux soi-disant écologistes présents sur la liste de Le Drian », à savoir Paul Molac et Dominique Ramard. « On ne leur a même pas demandé leur avis. Tout ça c’était juste pour gagner du temps », assure Michel Forget, secrétaire d’EELV.

Aucune consigne de vote

Les écologistes accusent Jean-Yves Le Drian de les avoir menés en bateau, le temps que les négociations aboutissent dans les autres régions. « En Pays de la Loire ils y sont parvenus. Sauf qu’ici, c’est Jean-Yves Le Drian qui décide, même quand il n’est pas là ». Dans les Pays de la Loire, la situation est toutefois différente, car malgré les désaccords sur Notre-Dame-des-Landes, les socialistes auront besoin des Verts pour espérer garder la région. Avec presque 35 % des voix au premier tour, Jean-Yves Le Drian possède, lui, une avance confortable en Bretagne. « Nous ne donnerons aucune consigne de vote », ont fait savoir les écologistes.

Le désaccord n’a pas manqué de faire réagir au niveau national. Emmanuelle Cosse, la secrétaire d’Europe Ecologie a dénoncé une « attitude lamentable ». Même le Premier ministre Manuel Valls aurait déclaré « regretter que cet accord ne se soit pas réalisé dans cette région », selon son entourage.

En 2010 déjà, la liste écolo de Guy Hascoët s’était maintenue au second tour, faute d’accord avec Jean-Yves Le Drian. « On pensait que la jeune génération pourrait changer les choses », assurent les Verts bretons, dépités.