Rennes: Un groupe malgache crée la sensation aux Trans Musicales

MUSIQUE Pour sa première apparition sur une scène internationale, le groupe punk-rock The Dizzy Brains, venu de Madagascar, a enthousiasmé le public breton des Trans Musicales…

G.D. avec AFP

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Le chanteur Eddy, du groupe malgache  The Dizzy Brains, coiffé du drapeau breton, lors des rans Musicales à Rennes en 2015.
Le chanteur Eddy, du groupe malgache The Dizzy Brains, coiffé du drapeau breton, lors des rans Musicales à Rennes en 2015. — AFP

Sans l’image, on se croirait à Londres en 1977. Mais foin de Sex Pistols, ce sont « The Dizzy Brains » qui hurlent une révolte venue tout droit des rues de Madagascar sur la scène des Trans Musicales de Rennes, qui se tiennent jusqu'à dimanche. Le groupe malgache, fondé en 2011, sortait pour la première fois de son pays.

Un côté provocateur

S’il fallait encore démontrer que la musique ne connaît pas de frontières, les quatre garçons venus de l’océan Indien l’ont prouvé vendredi soir au Parc Expo, faisant reprendre en chœur leurs refrains à un public déchaîné, qui, a priori, maîtrise pourtant modérément la langue malgache.

Pas de crêtes, de cheveux verts ni d’épingles à nourrice, mais le groupe de punk-rock a bluffé les spectateurs par sa maturité musicale et son côté provocateur, tendance bombe sexuelle.

 

Misère, désespoir et inégalités

« C’est pas qu’on est punks, on l’est malgré nous : à Madagascar, le pays est tellement punk qu’on le devient », lance Eddy Andrianarisoa, le chanteur, lors d’un entretien avec l’AFP, accordé au lendemain de l’arrivée du groupe sur le sol français.

La rage, The Dizzy Brains - qu’on pourrait traduire par « Les cerveaux étourdis »- la crachent dans leur musique et aussi leurs textes, qui dénoncent misère, désespoir et inégalités. « Ils nous laissent crever alors que nous sommes Malgaches comme eux. Ce n’est pas étonnant si ce pays se détruit chaque jour un peu plus », chante Eddy dans Vangy (Les crocs), selon les sous-titres de la vidéo disponible sur YouTube.

 

Une reprise des Cactus de Dutronc

« On dit des trucs qui choquent. Certaines radios nous censurent, bloquent nos chansons », témoigne Eddy, même si le groupe parvient à se produire sur scène dans le pays. « Le vrai problème, ce sont les politiciens. On est tellement corrompu à Madagascar, ils ont le ventre tellement gros, ils ne voient plus ce qui se passe en bas », accuse-t-il.

Le groupe qui chante indifféremment en malgache, en français ou en anglais, a également emprunté à Dutronc une vigoureuse reprise des célèbres Cactus, qui lui a valu son plus gros triomphe, vendredi soir, à Rennes.