Coupe de France: La fin d'une guerre de clocher entre le CPB Bréquigny et la TA Rennes

FOOTBALL Le club patro prête son terrain au Cercle Paul-Bert, « hôte » de Laval au 8e tour...

Jeremy Goujon

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Les joueurs du CPB Bréquigny après leur qualification pour le 8e tour de la Coupe de France, à Rostrenen.
Les joueurs du CPB Bréquigny après leur qualification pour le 8e tour de la Coupe de France, à Rostrenen. — CPB Bréquigny Rennes

Le CPB Bréquigny Rennes (DH) « accueillera » le Stade Lavallois (Ligue 2), samedi, au 8e tour de la Coupe de France.

La TA en déplacement dans le Finistère

L’emploi des guillemets pour évoquer la réception des Tango est de rigueur puisque la rencontre, un temps programmable au Vélodrome, se disputera finalement au Stade Roger-Salengro (19 h), l’antre habituel de la TA Rennes (également en course ce week-end, chez le Petit Poucet breton Saint-Renan).

Un « prêt » de terrain encore inimaginable il y a une vingtaine d’années, tant les deux clubs de la capitale bretonne sont historiquement opposés. Du moins la Tour d’Auvergne et le réseau associatif qu’est le Cercle Paul-Bert, la « section » Bréquigny étant venue sur le tard (1987).

TA-AJA, même combat

« L’origine de la TA, c’est comme l’AJ Auxerre, c’est un patronage, pose le journaliste rennais Pierre Lecomte. La querelle privé-public a longtemps agacé les locaux, car le CPB était - et est toujours - l’émanation de la ville de Rennes, d’obédience socialiste.

La TA était le club des curés. Il y avait donc une espèce de rivalité confessionnelle, entre les laïcards et lesdits curés. Dans l’imaginaire collectif, quand on cherchait l’ennemi juré de la TA, ce n’était pas les Cadets de Bretagne. C’était toujours le Cercle Paul-Bert. »

Messe que un club

Que celui-ci puisse évoluer sur la pelouse (synthétique) du voisin, qui plus est à un niveau aussi élevé de la compétition, présente par conséquent une forte charge symbolique, malgré de profondes mutations. Lointaine est effectivement l’époque où une messe était donnée, place du Colombier, avant les matchs de la TA chère à l’abbé Catheline.

« Même si elle subsiste encore dans l’esprit de certains Rennais, la rivalité s’est beaucoup atténuée, précise Pierre Lecomte. Mais de là à imaginer qu’un jour, la TA prêterait son terrain au CPB… Ça, aucun vieux Rennais n’aurait franchi le pas. »