Stade Rennais: Jérémie Boga, bon gars et phénomène à la fois

FOOTBALL Le jeune Marseillais prêté par Chelsea a toutes les cartes en main pour faire une grande carrière...

Jeremy Goujon

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Jérémie Boga face aux Girondins de Bordeaux, le 22 novembre 2015.
Jérémie Boga face aux Girondins de Bordeaux, le 22 novembre 2015. — M. Pattier / Sipa

En l’absence de Giovanni Sio (suspendu), Jérémie Boga devrait être reconduit à la pointe de l’attaque du Stade Rennais, jeudi, face à l’Olympique de Marseille (21 h).

Déjà au-dessus chez les poussins

Contre Reims, samedi dernier, le jeune joueur (18 ans) prêté par Chelsea a ouvert son compteur buts en Ligue 1, au terme d’une remarquable action. Tant sur le plan collectif qu’individuel, puisque l’enchaînement grand pont-frappe croisée de l’international U19 français s’est révélé de toute beauté.

Le genre de prouesse que réalisait déjà l’intéressé lorsqu’il était minot, du côté de l’ASPTT Marseille. « Il en a mis des paniers de buts, raconte ainsi le président du club phocéen, Jean-François Verlaque. On sentait qu’il avait des qualités hors du commun. Il pouvait à lui seul faire basculer une rencontre. »

Avec sa famille en Angleterre

Marseillais de naissance, Boga a quitté très tôt la Canebière (dès l’âge de douze ans) afin de répondre favorablement aux sirènes londoniennes. Quand bien même l’OM, naturellement, poussait pour l’enrôler. « Au niveau environnemental, peut-être qu’il a mieux valu pour lui s’en aller dans une autre ville, analyse Verlaque. Il aurait pu réussir à l’OM. Seul l’avenir nous dira s’il a fait le bon choix. »

Le vainqueur de la Youth League 2015 (l’équivalent de la Ligue des champions chez les jeunes) a en tout cas mis tous les atouts de son côté, allant jusqu’à amortir la sensation de déracinement. « Ce n’est pas comme les gamins qui partent dans un centre de formation et ne voient plus leurs parents. Jérémie, lui, rentrait tous les soirs à la maison [son père était déjà installé à Londres, le reste de la famille a suivi]. »

Il n’a pas pris la grosse tête

En signant pour les Blues, Jérémie Boga aurait pu voir sa tête « ne plus passer à la porte », comme on dit sur le Vieux-Port. Mais selon Jean-François Verlaque, le prodige est resté le même. « L’une de ses principales qualités, c’est la gentillesse. Il sait d’où il vient, et ne passe jamais à Marseille sans saluer ses anciens coachs.

Il fait plaisir aux gamins de l’ASPTT en leur offrant notamment des maillots. Il a tout pour devenir un grand joueur : l’intelligence, la générosité, l’humilité… Il sait que le chemin est encore long. » Surtout si son temps de jeu au SRFC demeure famélique