La Bretagne, nouvelle terre d'accueil des sapins de Noël

FETES Le climat doux de la région est approprié aux arbres...

avec AFP

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Dans les champs de Floval, des chevaux sont encore utilisés pour remonter les sapins.
Dans les champs de Floval, des chevaux sont encore utilisés pour remonter les sapins. — Thomas Brégardis / AFP

Ce mardi marque l’entrée dans le mois de décembre et comme le veut la tradition, de nombreuses familles iront acheter leur sapin de Noël. L’occasion pour les enfants de le décorer, en attendant la venue du grand bonhomme rouge. Si la provenance des arbres est rarement mentionnée, on peut aisément imaginer qu’ils ont grandi dans les montagnes françaises, voire même scandinaves.

Ce n’est pas complètement faux. Mais depuis plusieurs années, la Bretagne et son climat doux sont devenus l’eldorado des producteurs, notamment pour la variété nordmann. La Bretagne est ainsi devenue la deuxième région française productrice de sapins de Noël (18 %), derrière la Bourgogne (30 %), selon des chiffres de FranceAgriMer de 2013.

Des chiffres qui se vérifient à La Bouëxière (Ille-et-Vilaine), à l’est de Rennes, où est implantée l’entreprise Floval. Le PDG, Loïc Le Calvez, a pris dès 1991 le risque de planter des nordmann, une variété encore peu connue qui ne représente alors que 5 % du marché, mais dont les aiguilles tiennent plus longtemps et sont plus souples que celles du classique épicéa. Pari réussi : aujourd’hui, le nordmann, malgré son prix plus élevé, représente près de 70 % du marché, contre environ 25 % pour l’épicéa sur les 5,6 millions de sapins achetés chaque année en France.

Jusqu’à 15.000 arbres par jour !

« Comme cette variété ne supporte pas les grands froids, Bretagne et Normandie sont devenues des régions de production de nordmann, plus que le Morvan ou les Vosges », explique le PDG. « Ici, ça pousse vite, ça pousse bien, et l’humidité, le sapin aime bien ». Au plus fort, 15.000 sapins partent chaque jour de cette entreprise.

Dans les années 2000, les Danois et les Belges ont eu la même idée et ont acquis de grosses fermes bretonnes pour y faire pousser des sapins qu’ils exportent vers la Grande-Bretagne. « Je n’arrivais pas à avoir des terrains », explique le chef d’entreprise, qui décide alors de créer une association, « Le Nordmann de Bretagne », pour inciter des propriétaires de terres à planter des sapins.

Encore beaucoup d’importations

Aujourd’hui, huit exploitants ont rejoint l’association, représentant 40 hectares de sapinières. Cinq sont installés en Bretagne, les trois autres dans des départements limitrophes (Loire-Atlantique, Mayenne, Manche). Floval exploite, lui, 20 hectares de sapinières à La Bouëxière, mais la majorité se situe dans le sud du département de la Manche.

Pour l’instant, Floval assure avec ses sapinières 45 % de sa production. Le reste est importé de pays européens. Mais grâce aux premiers sapins apportés par les membres de l’association, qui vont commencer à être coupés cette année, « je vais monter à 75/80 % de sapins locaux d’ici deux ans », assure Loïc Le Calvez, qui espère réunir au total une vingtaine d’adhérents. Il faut environ huit ans de pousse (contre six ans pour un épicéa) pour qu’un nordmann puisse être coupé et décoré.

Le groupe Floval (11 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015, dont 6,8 sur la France) commercialise chaque année 100.000 arbres en France, et en exporte habituellement autant… en Russie où l’entreprise a une filiale.