Le marché du porc breton devrait rouvrir ses portes ce jeudi

AGRICULTURE La cotation est suspendue depuis six semaines à Plérin…

J.G. avec AFP
La dernière cotation au marché du porc breton a eu lieu le 5 octobre.
La dernière cotation au marché du porc breton a eu lieu le 5 octobre. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Suspendu depuis plus de six semaines en raison de l’absence de certains acheteurs, le marché du porc breton (MPB) devrait reprendre ses cotations ce jeudi à Plérin (Côtes d’Armor). « Cela devrait redémarrer mais il reste encore quelques incertitudes », indique Jean-Pierre Joly, directeur du MPB, qui sert de référence pour les prix au niveau national.

Seule certitude, Bigard ne devrait pas être de la partie. Ces dernières semaines, le groupe agroalimentaire a en effet séché les réunions entre les producteurs, les abattoirs et la direction du MPB en vue d’une réforme de l’institution. « Il manque encore des signatures à cette convention, on verra jeudi si tout le monde est prêt à revenir à la cotation », poursuit Jean-Pierre Joly.

Cinq questions pour tout comprendre à la crise du porc

Président de l’UGPBV, fédération de groupement des producteurs, Michel Bloc’h se veut lui plus optimiste. « On va relancer le marché mais avec de petits volumes dans un premier temps, de l’ordre de 30.000 bêtes par semaine », précise-t-il. Avant la crise du mois d’août, qui faisait suite au départ des deux plus gros acheteurs, la coopérative Cooperl et le groupe Bigard, le MPB tournait sur un volume de 60.000 bêtes par semaine.

La concurrence des autres pays européens

Si les cotations reprennent ce jeudi, le prix du kilo de viande sera bien loin des 1,40 euro qui avait été fixé par le gouvernement au plus fort de la crise.

« Ce prix politique a été un leurre. Cette semaine, le prix se situe en moyenne à 1,09 euro le kilo. Il faut comprendre que nous sommes dans un contexte de concurrence internationale et que nous ne pouvons pas être 25 ou 30 centimes au-dessus de nos voisins européens », souligne Jean-Pierre Joly.

« Les éleveurs ont beau gueuler… »

« Il s’agit pour nous de fixer le prix le plus juste, qui corresponde vraiment au prix du marché », poursuit le directeur du MPB, soulignant au passage « que le prix a baissé de 20 centimes depuis que le cadran ne fonctionne pas ».

« Les éleveurs ont beau gueuler, le marché a au moins l’avantage de la transparence avec des règles établies et des délais de paiement réduits. Quand la cotation était suspendue, les éleveurs livraient leurs porcs aux abattoirs sans connaître le prix », rappelle-t-il, un brin remonté. Les retrouvailles entre les différents acteurs de la filière porcine s’annoncent donc pour le moins épicées ce jeudi.