Rennes: Comment Jean-Paul Legendre, «ce bon à rien», a construit son empire

ECONOMIE L’entreprise familiale s’est transformée en immense groupe du BTP avec plus de 1.400 salariés…

Jérôme Gicquel

— 

Jean-Paul Legendre passera les rênes de l'entreprise à son fils Vincent le 1er janvier 2016.
Jean-Paul Legendre passera les rênes de l'entreprise à son fils Vincent le 1er janvier 2016. — Groupe Legendre

La ligne B du métro de Rennes, le pôle éducatif de la Courrouze, le futur hôtel B & B de 400 chambres près de Disneyland Paris… Autant de projets d’envergure qui portent tous la signature du groupe Legendre. En quarante ans, l’entreprise familiale en a fait du chemin pour se faire un nom sur le marché du BTP dominé par les mastodontes Eiffage, Vinci et Bouygues. Avec un chiffre d’affaires de plus de 450 millions d’euros et 1.400 salariés, le groupe Legendre fait même figure d’empire à l’échelle de la région.

Cette success story démarre en 1974 à Amanlis, petite commune rurale au sud-est de Rennes. Ayant commencé comme apprenti puis ouvrier auprès de son père, Jean-Paul Legendre rachète l’entreprise familiale, qui compte alors trois salariés. « On me disait tout le temps que j’étais un bon à rien à l’école. Je leur répondais que j’étais prêt à tout », glisse le sourire en coin le chef d’entreprise, qui passera la main à son fils d’ici quelques semaines.

A l’œuvre sur la centrale nucléaire de Flamanville

Spécialisée dans la rénovation de maisons et de bâtiments agricoles, la société se lance dans le neuf avec la construction d’un premier pavillon en 1975. La dynamique est engagée et l’entreprise grossit à vue d’œil, passant de 30 salariés en 1986 à 100 au début des années 90. La guerre du Golfe et la crise immobilière en 1991 pointent alors leur nez. « Entre 1991 et 1996, on a connu une période très compliquée. J’ai donc décidé de créer Ouest Immo, une structure de promotion immobilière, ce qui a permis de sauver l’entreprise », assure Jean-Paul Legendre.

La capitale bretonne n’offrant pas assez de travail, le chef d’entreprise n’hésite pas non plus à sortir de la région pour proposer son savoir-faire. Il participe ainsi aux travaux de construction de la centrale nucléaire de Flamanville et de l’usine de traitement de La Hague en Normandie. Legendre s’aventure même jusqu’en région parisienne, où il réalise désormais 40 % de son chiffre d’affaires.

Diversification des activités et cap sur l’international

Porté par la croissance, le groupe franchit le seuil des 1.000 salariés en 2010. Rentré dans l’entreprise en 2003 comme conducteur de travaux, Vincent Legendre, fils de Jean-Paul, supervise à cette époque la diversification du groupe avec l’ouverture de filiales dans les secteurs du génie civil, des énergies renouvelables ou la construction de logements sociaux.

Si la passation de pouvoir entre les deux hommes interviendra au 1er janvier 2016, l’aventure familiale n’est quant à elle pas prête de s’arrêter. Et l’avenir de Legendre passe désormais par l’international avec un premier contrat en passe d’être décroché en Angleterre. « Notre taille ne nous permet plus de rester uniquement sur le marché français », assure Vincent Legendre, sous l’œil avisé de son père.