L'entrée de la salle de cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, dans le Parlement de Bretagne, à Rennes.
L'entrée de la salle de cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, dans le Parlement de Bretagne, à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

JUSTICE

Rennes: Les auteurs des tortures de Bruz face à la justice

La cour d’assises des mineurs jugera quatre personnes à partir de mercredi…

« Ça va être dur, très dur, et pour tout le monde ». L’avocate de la victime le sait. Les dix jours du procès qui s’ouvre ce mercredi devant la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine vont être une terrible épreuve pour ce jeune homme, aujourd’hui âgé de 23 ans. En janvier 2013, il avait été laissé pour mort dans un chariot de supermarché à Bruz, près de Rennes, après une nuit de calvaire. Huit personnes avaient été interpellées.

Les agresseurs avaient filmé la scène

Brûlée, blessée par des coups de couteau, violée avec des objets, la victime avait subi les pires sévices commis par quatre connaissances. Ses agresseurs avaient poussé le vice jusqu’à filmer la scène. L’alcool consommé en grande quantité suffit-il à expliquer des actes d’une telle cruauté ? « Les experts ont relevé que l’alcoolisation massive avait sans doute conduit à cette folie collective. Aujourd’hui, mon client n’explique pas ce qui s’est passé. Il se demande comment il a pu en arriver là. Lui aussi attend des réponses de ce procès », explique Me Olivier Chauvel, avocat de l’un des quatre accusés.

« Aucune connotation sexuelle »

Son client, âgé de 27 ans au moment des faits, avait déjà été condamné à plusieurs reprises. Il aurait participé à un cambriolage avec la victime. Et il n’aurait pas supporté que celle-ci en parle aux gendarmes. C’est sans doute cette dispute qui avait conduit à la nuit d’horreur vécue par la victime.

Trois autres personnes seront jugées, dont deux mineurs. Me Chauvel, avocat du plus âgé des prévenus entend supprimer la qualification de viol retenue. « Ces faits sont extrêmement graves mais il n’y a aucune connotation sexuelle dans cette affaire », défend l’avocat. Le procès doit durer dix jours. Les accusés risquent la réclusion criminelle à perpétuité.