Agression raciste à Pontivy: Fallait-il interdire la manifestation d’Adsav samedi ?

IMMIGRATION La polémique enfle après les violences qui ont émaillé un rassemblement de l’extrême-droite dans le Morbihan…

Jérôme Gicquel

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Christine Le Strat, maire de Pontivy, et Mickaël Doré, sous-préfet de Pontivy, ce lundi midi devant l'Hôtel de ville.
Christine Le Strat, maire de Pontivy, et Mickaël Doré, sous-préfet de Pontivy, ce lundi midi devant l'Hôtel de ville. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Plusieurs centaines de personnes rassemblées en silence sur la place de la Mairie. Comme partout en France, Pontivy s’est figée dans le silence ce lundi à 12h pour rendre hommage aux victimes des attentats de Paris. Une cérémonie pendant laquelle la maire Christine Le Strat (MoDem) a condamné « avec la plus grande fermeté » les débordements survenus samedi dans sa ville lors d’un rassemblement du groupe d’extrême droite Adsav. « Refusons les amalgames car la haine n’engendre que de la haine », a-t-elle indiqué, en référence à l’agression raciste dont a été victime un homme d’origine antillaise, tabassé par des militants ultranationalistes bretons.

Que s’est-il passé samedi lors de la manifestation ?

Après le temps du recueillement, les langues des habitants se délient peu à peu sur la place de la Mairie. Beaucoup comme Claire, qui réside dans le centre-ville, se demandent d’ailleurs pourquoi la manifestation n’a pas été annulée. « Vu les circonstances, j’ai trouvé cela hallucinant de les voir défiler en centre-ville. Surtout que leurs slogans invitaient clairement à la haine », s’indigne cette habitante.

« Nous n’avons fait qu’appliquer une décision d’Etat »

Alertée de la tenue de cette manifestation au début du mois, la mairie de Pontivy avait d’ailleurs demandé à la préfecture d’interdire ce rassemblement. « Ils m’ont répondu que la manifestation avait été déclarée en bonne et due forme et que c’était la liberté d’expression », précise Christine Le Strat. « On nous reproche d’avoir laissé cette manifestation se dérouler mais nous n’avons fait qu’appliquer une décision d’Etat », poursuit Soizic Perrault, vice-présidente du conseil départemental du Morbihan et adjointe au maire de Pontivy.

A quelques mètres de là, le sous-préfet de Pontivy Mickaël Doré se défend. « Le rassemblement avait été déclaré officiellement une dizaine de jours plus tôt. Dès le samedi matin, les manifestants étaient déjà sur la place. A partir de là, il nous fallait donc encadrer le rassemblement pour éviter les débordements », assure-t-il. La trentaine de gendarmes mobilisés n’a toutefois pas empêché les violences entre les militants d’Adsav et des antifas. Au grand dam de la maire de Pontivy, qui a prévu d’envoyer un courrier au sous-préfet dans les prochains jours pour lui faire part de son incompréhension.