Stade Rennais: «Il ne faudrait pas que le vestiaire lâche Montanier», estime Mézenge

FOOTBALL L'ancien adjoint de Raymond Keruzoré à Rennes connaît bien le mode de fonctionnement du président René Ruello...

Jeremy Goujon
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Les milieux rennais Gelson Fernandes et Yacouba Sylla, lors de la réception du PSG, le 30 octobre 2015.
Les milieux rennais Gelson Fernandes et Yacouba Sylla, lors de la réception du PSG, le 30 octobre 2015. — J.-F. Monier / AFP

Programmé en ouverture de la 13e journée de Ligue 1, vendredi (20 h 30), le match entre le promu Angers et le Stade Rennais va opposer deux formations récemment tancées pour leur manque d’ambition dans le jeu.

Ils n’ont pas vu le même match

Si le coach du SCO Stéphane Moulin s’en est ému dans les colonnes de L’Equipe, un autre technicien tient à défendre le surprenant 3e du championnat. « Les propos de Pierre Ménès [dans le Canal Football Club] ont été outranciers et pas totalement fondés », juge ainsi Jean-Marc Mézenge, ancien entraîneur du SCO (fin 1997-juin 1998) reconverti en consultant pour Angers Télé.

« Comme d’habitude, “Pierrot” a voulu le faire buzz en prenant des raccourcis. C’est vrai qu’il y a des axes à améliorer du côté des hommes de Stéphane Moulin, notamment dans la gestion des phases offensives. Mais dire que cette équipe a manqué de justesse technique et de fluidité à Monaco (1-0), c’est sévère. »

Un collectif à la peine

Celui qui officie également pour France Bleu Armorique estime que la situation est différente pour le SRFC, pas non plus épargné durant l’émission dominicale de Canal+ (et ailleurs) après la défaite face au PSG (0-1).

« Il y a un problème au niveau des principes de jeu, affirme Mézenge. Il y a certes de bons joueurs, mais ils ne jouent pas ensemble, à l’instar de Juan Quintero qui a du mal à trouver ses marques dans ce collectif. On reproche aussi à Philippe Montanier d’être trop prudent. Disons qu’en ce moment, il se focalise plus sur l’adversaire que sur ses propres forces. »

L’arbre qui cache la forêt

Alors que René Ruello en personne a pointé du doigt le « manque d’audace » des Rouge et Noir, Jean-Marc Mézenge se dit aussi « déçu » du peu de joueurs à vocation offensive alignés par son homologue normand (lequel a convoqué pour la première fois Ousmane Dembélé dans son groupe, pour la rencontre de demain).

« Même lorsqu’il a fait évoluer son système, il choisissait trois défenseurs centraux, des joueurs de couloir aux qualités plutôt défensives et deux récupérateurs au milieu de terrain que sont Gelson Fernandes et Yacouba Sylla. Pour ensuite organiser l’animation offensive, il faut beaucoup de talents individuels. C’est le cas de Ntep, mais comme il n’est pas là, la sérénité fait actuellement défaut au collectif rennais. »

Philippe Montanier pas le seul visé

Mis sous pression par son supérieur hiérarchique, Montanier jouera sans doute gros en Anjou. Tout comme une partie du staff technique. « Je connais bien René Ruello, puisque c’était mon président du temps où j’étais l’adjoint de Raymond Keruzoré. Je sais donc comment il fonctionne », pose Mézenge.

« Il ne faudrait pas que le vestiaire lâche Philippe Montanier, car je pense que M. Ruello envisagerait effectivement de changer des choses. Mais il regarde également la complémentarité de compétences au sein du staff. Il avait demandé un adjoint supplémentaire dans le domaine offensif, et Montanier avait choisi Frédéric Née. Au bout de quelques mois, on constate quand même quelques carences à ce niveau… »