Rennes: Les experts de la police scientifique dans la rue pour réclamer un statut

SOCIAL Les personnels manifestent dans toute la France…

Camille Allain

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Tanguy, membre du service régional d'identité judiciaire pour la police de Rennes.
Tanguy, membre du service régional d'identité judiciaire pour la police de Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

« Hier, on a dû passer dans une dizaine de maisons pour effectuer nos relevés. C’était de la folie ». Membre de la police technique et scientifique rennaise (PTS) depuis six ans, Jean-Michel part chaque jour sur le terrain avec sa valise sous le bras. Sa mission ? Relever des empreintes, des traces de sang ou de l’ADN sur les lieux de crime, de cambriolage ou d’accidents. S’il est parfois accompagné d’une patrouille, il lui arrive aussi souvent d’intervenir seul sur une maison cambriolée par exemple.

Scènes de crime et autopsies

Comme lui, des dizaines d’agents sont dans la rue ce mardi en France pour réclamer un statut. « Ce que l’on demande, ce n’est pas plus d’argent mais avant tout une reconnaissance. Aujourd’hui, nous sommes considérés comme des administratifs. Nous allons pourtant tous les jours sur des scènes de crime, nous assistons aux autopsies, et nous avons des astreintes 7 jours sur 7 et 24h sur 24 », détaille Tanguy, membre du service régional d’identité judiciaire.

Une cinquantaine de membres de la police technique et scientifique étaient réunis ce mardi à Rennes. - C. Allain/APEI/20 Minutes

 

Habillé de sa blouse blanche et grimé d’une marque de faux sang sur la tempe, le policier espère que le ministère de l’Intérieur reconnaîtra « la pénibilité » de son travail et avancera l’âge légal de départ à la retraite comme pour leurs homologues « actifs », c’est-à-dire les policiers de terrain. « Je me vois mal à 60 ans répondre au téléphone en pleine nuit pour aller sur un homicide à Brest », explique-t-il.

Souvent assimilés aux fameux experts rendus célèbres par les séries télévisées américaines, les membres de la police technique et scientifique française disposent de moyens « beaucoup plus faibles qu’aux Etats-Unis ou en Allemagne » selon les syndicats. « Nous effectuons les relevés, mais nous ne les analysons pas. Ce sont les laboratoires qui s’en chargent », corrige Christine, qui exerce à Rennes depuis une petite dizaine d’années. « Ils fournissent un travail considérable. On gagne un temps fou dans la procédure et on peut résoudre de nombreuses affaires grâce à eux », estime Frédéric Gallet, porte-parole du syndicat policier Alliance.

Ils ne veulent pas d’arme

Les membres de la PTS espèrent obtenir un nouveau statut, sans pour autant acquérir la casquette de policier actif. « On nous a fait comprendre que ce serait bien de porter une arme. Mais ce n’est pas notre mission », explique Tanguy. Une rencontre en préfecture a été organisée ce mardi midi. Les négociations doivent maintenant se poursuivre au niveau national.