Lait: Si les Chinois viennent en Bretagne, c'est pour gagner de l'argent

ECONOMIE Une immense usine est en construction à Carhaix...

Camille Allain

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Une femme et son bébé devant du lait infantile en Chine en 2013.
Une femme et son bébé devant du lait infantile en Chine en 2013. — Ng Han Guan / AP / SIPA

Sur le bord de la RN 164 à hauteur de Carhaix (Finistère), impossible de manquer l’immense usine Synutra et ses dimensions hors normes. Le groupe chinois y a investi 100 millions d’euros pour transformer du lait breton en lait en poudre destiné à être distribué en Chine.

« Je viens pour le prix »

Le pays avait été ébranlé en 2008 par un immense scandale de lait frelaté qui avait touché des dizaines de milliers d’enfants. On pouvait alors penser que l’arrivée des Chinois en Bretagne était basée sur la réputation de qualité et de savoir-faire de la région. Peut-être. Mais c’est loin d’être la première raison de l’arrivée de Synutra. « Les Européens disent que les Chinois viennent en Europe pour la qualité et la sécurité. Ce sont des paroles ! Je viens en Europe pour le prix, pour gagner de l’argent », a déclaré le PDG du groupe Synutra Zhang Liang dans une interview accordée à Ouest-France.

Un million de litres par jour !

L’usine, qui devrait être livrée début 2016, transformera à terme un million de litres de lait par jour, soit l’un des plus importants sites européens en la matière. A en croire le patron de Synutra, cet investissement pourrait d’ailleurs ne pas être le dernier des Chinois en Bretagne. « Notre deuxième projet sera aussi à Carhaix en 2017 », lance Zhang Liang qui ajoute « Avec les entreprises françaises, c’est toujours un peu compliqué. Alors je préfère faire moi-même ».


Si l’arrivée de l’usine est une bonne nouvelle sur le front de l’élevage et de l’emploi avec la création d’environ 250 postes, certains défenseurs de l’agriculture raisonnée qui craignent une surproduction.