Procès Meilhon: Pourquoi la timide Laëtitia a-t-elle suivi un inconnu?

JUSTICE Les proches de la victime ont été entendus ce mercredi...

Camille Allain

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Une femme dépose des fleurs en hommage à Laëtitia Perrais, décédée en 2011.
Une femme dépose des fleurs en hommage à Laëtitia Perrais, décédée en 2011. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Au septième jour du procès en appel de Tony Meilhon devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine, il a été beaucoup question de la personnalité de Laëtitia Perrais ce mercredi. La jeune femme est décédée dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011 à côté de Pornic (Loire-Atlantique), tuée par Tony Meilhon, qui l’aurait d’abord étranglée, avant de la poignarder et de la découper pour faire disparaître le corps.

« C’est une question que je me pose tous les jours »

Ce mercredi, une question est sans cesse revenue à la barre. Pourquoi la jeune femme, décrite comme « timide et réservée » par tous ses proches, a-t-elle suivi un homme qu’elle connaissait à peine? « C’est une question que je me pose tous les jours », a témoigné Jessica Perrais, sa sœur jumelle. « Pourquoi est-ce qu’elle n’est pas rentrée? A-t-elle été séduite? Je ne pense pas », a poursuivi la jeune femme, entendue pour la première fois. « Laëtitia était à la fois obéissante et rebelle. Elle était influençable mais elle avait du mal à faire confiance aux gens », a ajouté Jessica.

Un croquis d’audience de Tony Meilhon réalisé le 13 octobre à la cour d’appel de Rennes - BENOIT PEYRUCQ AFP

 

Cette nuit-là, après son service, la jeune femme avait passé la soirée avec Tony Meilhon, alors âgé de 33 ans et qu’elle ne connaissait pas. Ensemble, ils avaient fréquenté plusieurs bars, pris de la cocaïne et fumé du haschich, alors que la jeune femme déclarait « ni fumer ni boire ». « Sa vie privée restait très secrète. Elle était prête à avoir son indépendance mais sa famille d’accueil freinait un peu. Peut-être que cet homme représentait le danger, l’interdit à un moment où elle s’émancipait », a témoigné Karine L., référente sociale qui suivait les jumelles pour le compte du conseil général.

Depuis leurs 13 ans, les deux sœurs étaient accueillies dans la famille de Gilles Patron. « Laëtitia était effacée mais elle était prête à avoir son indépendance. Je n’ai pas l’impression d’avoir été une barrière », a répondu Gilles Patron en visioconférence. Incarcéré pour des faits d’agression sexuelle sur Jessica Perrais, l’homme pourrait être l’élément déclencheur. « Avant tout ça, tout se passait bien. Laëtitia a changé de comportement après les faits », a déclaré Laura. Cette voisine de la famille Patron avait été la première à dénoncer les attouchements de Gilles Patron, faits qu'il conteste toujours aujourd’hui. L’homme a par ailleurs répété qu’il n’avait « jamais eu un geste envers Laëtitia ».

« Des gens qui mentent »

Après sa mort, les enquêteurs avaient retrouvé plusieurs écrits de Laëtitia Perrais où elle faisait part de son mal-être, parfois sous forme de testament, expliquant être fatiguée « des gens qui mentent ». « Je n’avais jamais perçu ce mal-être », a expliqué sa sœur. Toute sa famille allait dans ce sens.

Jeudi, le complice présumé de Tony Meilhon est attendu à la barre. Le procès doit prendre fin le 28 octobre à Rennes.