Bretagne: Les Bonnets Rouges en quête d’un nouveau souffle

SOCIETE Le collectif organise une réunion plénière samedi à Carhaix…

Jérôme Gicquel

— 

Deux Bonnets rouges lors de la manifestation du 30 novembre 2013 à Carhaix.
Deux Bonnets rouges lors de la manifestation du 30 novembre 2013 à Carhaix. — Fred Tanneau AFP

Disparus de la circulation depuis plusieurs mois, les Bonnets Rouges seront de sortie samedi à Carhaix (Finistère) à l’occasion d’une réunion plénière du collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne ». « Chacun se retrouve dans ses activités après une trêve, mais celle-ci est bien finie. Car les réalités s’imposent : les agriculteurs ont été les premiers à occuper la scène, les TPE suivent… », prévient le collectif sur leur site Internet.

Les Bonnets Rouges seraient-ils prêts à repartir au combat ? Pas si simple, car depuis la suspension de l’écotaxe il y a un an, le collectif peine à se trouver un mot d’ordre et à mobiliser les foules. « C’est vrai que la revendication qui avait soudé tous les Bretons n’existe plus. Les transporteurs ou les patrons de l’agroalimentaire qui nous avaient suivis à nos débuts ont depuis quitté le mouvement », reconnaît Jean-Pierre Le Mat, porte-parole du collectif.

Les paysans ont refusé leur soutien lors de la crise agricole

Désormais dans les réunions des Bonnets Rouges comme celle qui se tiendra samedi, on cause pêle-mêle de monnaies complémentaires, de traité Tafta ou de droits des minorités nationales. « Tous les sujets de discussion sont libres chez nous. Nous ne fonctionnons pas comme une organisation de type parti politique ou syndicat mais en réseau. Certains ont d’ailleurs du mal à comprendre pourquoi nous ne prenons pas position sur certains dossiers comme le projet d’extraction de sable en baie de Lannion. C’est juste que nous n’avons pas trouvé pour l’instant l’intérêt de médiatiser notre soutien à telle ou telle cause », souligne Jean-Pierre Le Mat.

La crise du monde agricole aurait pu être un bon prétexte pour ressortir les bonnets rouges des placards. Mais cette fois, ce sont les paysans eux-mêmes qui n’ont pas voulu de leur soutien. « On a eu des discussions entre nous mais ils ont eu peur de se faire récupérer », indique le porte-parole.

Sur les pas du mouvement zapatiste au Chiapas

Quant aux élections régionales qui se profilent, Jean-Pierre Le Mat n’en attend pas grand-chose. « C’est juste un épisode. Mi-décembre personne n’en parlera plus », assure-t-il. Refusant toute étiquette politique, le collectif n’a d’ailleurs apporté aucun soutien officiel à l’un des candidats, pas même à Christian Troadec, tête de liste « Oui la Bretagne », qui avait pourtant participé au lancement des Bonnets Rouges.

« Nous restons un mouvement populaire qui fait un peu peur à la gauche traditionnelle. Nous ne revendiquons pas le pouvoir mais nous voulons le tenir à distance, à l’image du mouvement zapatiste dans le Chiapas », conclut Jean-Pierre Le Mat.