Bretagne: La bio gagne du terrain dans les fermes

AGRICULTURE Le cap des 2.000 exploitations engagées dans la démarche vient d’être dépassé dans la région…

Jérôme Gicquel
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Installé à Pleumeleuc près de Rennes, Richard Leduc s'est converti au bio en début d'année.
Installé à Pleumeleuc près de Rennes, Richard Leduc s'est converti au bio en début d'année. — Matthieu Chanel / Agrobio 35.

Malgré des difficultés persistantes, toutes les filières agricoles ne sont pas en crise en Bretagne. Portée par une demande croissante des consommateurs, la bio tire son épingle du jeu. En sept ans, le nombre de fermes engagées en bio a ainsi doublé dans la région, passant de 1.000 en 2008 à 2.000 au 1er septembre 2015. « C’est un secteur en pleine dynamique qui créé de l’emploi. Au printemps dernier, nous avons assisté à une forte croissance du nombre de conversions, en partie liée aux difficultés de l’agriculture conventionnelle », souligne Patrick Guillerme, président de la Fédération régionale des agrobiologistes de Bretagne.

Si la bio gagne du terrain, la filière reste cependant encore assez marginale avec seulement 5,8 % des fermes bretonnes engagées dans la démarche. « Cela reste certes limité mais la marge de progression est très importante. De nombreux débouchés s’ouvrent à la bio, notamment dans la restauration collective », souligne Pierrick Massiot, président de la région Bretagne.

Les agriculteurs veulent retrouver plus d’autonomie

Un optimisme que partage Patrick Guillerme, qui espère atteindre l’objectif des 3.000 fermes bio d’ici 2020 en Bretagne. « Pour beaucoup de paysans, la conversion en bio peut être une solution avec une diversification des productions qui se met en place. Alors que dans l’agriculture conventionnelle, c’est quitte ou double. Soit on s’agrandit, soit on coule », assure-t-il.

Un choix cornélien auquel s’est refusé Richard Leduc, qui tient une ferme familiale à Pleumeleuc, à l’ouest de Rennes. Après 20 ans de carrière, cet agriculteur de 48 ans a failli tout plaquer, son association en Gaec avec un voisin ayant capoté il y a quelques mois. En début d’année, il se convertit finalement à la bio en abandonnant la partie viande pour se concentrer uniquement sur le lait. « L’idée, c’est de tendre vers plus l’autonomie en donnant plus d’herbe dans l’alimentation des vaches par exemple. Alors que dans l’agriculture conventionnelle, on dépend beaucoup plus des autres, notamment pour la nourriture des bêtes », assure-t-il, convaincu d’avoir pris la bonne décision pour lui et sa famille.