Rennes: Les retrouvailles douloureuses entre Tony Meilhon et sa mère

JUSTICE Les proches de l’accusé ont été entendus ce mercredi au deuxième jour du procès…

Jérôme Gicquel
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L'entrée de la salle de la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine à Rennes où se tient le procès en appel de Tony Meilhon.
L'entrée de la salle de la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine à Rennes où se tient le procès en appel de Tony Meilhon. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

C’est une mère en pleurs et rongée par la douleur qui s’est adressée ce mercredi aux jurés de la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine. Dans le box des accusés, Tony Meilhon, son fils, jugé en appel pour l’enlèvement, la séquestration et la mort de Laëtitia Perrais, retrouvée démembrée début 2011 près de Pornic en Loire-Atlantique. « Il a gâché ma vie, celle d’autres personnes et la sienne également », sanglote Jocelyne Coignard à la barre.

Pendant plus d’une heure, la mère de Tony Meilhon est revenue sur l’enfance chaotique de son fils, qualifié de « personnalité psychopathique » un peu plus tôt dans la matinée par les experts. « Il n’a pas supporté que je refasse ma vie avec un autre homme. Il était possessif, il voulait que je sois à la fois sa mère et sa femme, sa propriété exclusive », raconte-t-elle. « Parfois, il était très gentil et calme et d’autres fois, c’était tout le contraire. Il se mettait dans une furie noire, il cassait tout et il nous insultait », poursuit la mère.

Des menaces de mort envers sa famille

Pendant les nombreux séjours en prison de son fils, elle continue pourtant à lui rendre visite régulièrement. « J’ai tout fait pour l’aider à s’en sortir, je l’ai toujours soutenu mais à chaque fois c’était pareil, il recommençait. Maintenant, ma dignité de mère est salie », se désole-t-elle.

Lors de son dernier séjour en prison, un an avant les faits qui lui sont reprochés, Tony Meilhon devient même menaçant envers ses proches. « J’avais demandé au juge à ce qu’il ne ressorte pas car j’avais très peur de lui. Si on avait été entendu, peut-être qu’on n’en serait pas là aujourd’hui », indique la mère de l’accusé.

« Ce procès prend un tour de thérapie familiale »

Autorisé à prendre la parole par le président Philippe Dary, Tony Meilhon n’accable pas sa mère. « Ma mère n’a pas démérité. Elle a eu à faire des choix qui étaient très difficiles mais elle ne s’est pas rendue compte qu’en voulant me protéger, elle m’a fait beaucoup de mal », indique l’accusé d’une voix calme et posée.

« Les tensions dans le cocon familial, les placements en foyers, mon caractère. C’est tout un ensemble qui a conduit à ce qui s’est passé », poursuit Tony Meilhon. « Ce procès prend un tour de thérapie familiale », tente alors d’ironiser le président Dary, avant d’appeler d’autres témoins à la barre.