Bretagne: Menacé de disparition, le gallo veut se faire entendre

PATRIMOINE Un rapport sur l’état de la langue vient d’être remis au président de la région Bretagne…

Jérôme Gicquel
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Le gallo est principalement parlé en Haute-Bretagne, à l'est d'une ligne allant de Saint-Brieuc à Vannes.
Le gallo est principalement parlé en Haute-Bretagne, à l'est d'une ligne allant de Saint-Brieuc à Vannes. — Bertègn Galèzz

Reconnu comme langue de Bretagne en 2004 au même titre que le breton, le gallo peine pourtant à trouver sa place dans la région. Malgré les 200.000 locuteurs recensés en Bretagne historique, la langue est aujourd’hui considérée comme sérieusement en danger par l’Unesco, au même titre que l’auvergnat ou le provençal. « Les locuteurs naturels de la langue ont le plus souvent plus de 80 ans, la plupart issus du monde rural », reconnaît Raphaël Gouablin de l’association Bertègn Galèzz qui promeut le gallo.

Pour alerter les pouvoirs publics sur les menaces qui pèsent sur l’avenir du gallo, le Conseil culturel de Bretagne s’est fendu d’un rapport remis jeudi à Pierrick Massiot, président de la région Bretagne. « Malgré le volontarisme, le gallo est très peu présent dans la vie publique », indique le rapport, invitant les élus à mieux « prendre en compte le gallo dans (leurs) politiques culturelle et linguistique ».

Un courrier adressé aux candidats pour les régionales

Car c’est là que le bât blesse selon l’association Bertègn Galèzz. « Le budget consacré au gallo ne représente que 1 % du budget langues de Bretagne, contre 99 % pour le breton », déplore Raphaël Gouablin. « Cela ne veut pas dire qu’il faut réduire le budget accordé au breton, nous demandons juste que le gallo soit reconnu à juste titre et bénéficie d’une égalité de traitement », poursuit le militant. Un effort qui passe notamment par « la mise en place d’une signalétique en gallo dans les transports en public » et « le renforcement de l’enseignement de la langue ».

A la veille des élections régionales, Bertègn Galèzz et d’autres associations ont d’ailleurs adressé un courrier aux candidats pour les inviter « à agir d’urgence pour le gallo ». « Il faut que nos élus comprennent qu’il n’y a pas de sous-langue. Mais peut-être que nous ne sommes pas assez exotiques à leurs yeux ? », s’interroge Raphaël Gouablin.