Euro: Jénia Grebennikov, l'enfance d'un chef

VOLLEY Le meilleur libero du monde a toujours voulu être le premier de la classe...

Jeremy Goujon

— 

Jénia Grebennikov soulève le trophée de la Ligue mondiale, remportée en juillet 2015 par l'équipe de France.
Jénia Grebennikov soulève le trophée de la Ligue mondiale, remportée en juillet 2015 par l'équipe de France. — L. Correa / AP / Sipa

Élu meilleur libero de la planète à l’issue du Mondial 2014 en Pologne, le Rennais Jénia Grebennikov dispute à partir de vendredi le championnat d’Europe avec l’équipe de France.

Un éducateur visionnaire

Une compétition que suivra avec attention Yann Ruault, l’un des premiers entraîneurs du surdoué bretillien au Rennes Etudiants Club (REC). L’un des premiers, aussi, à déceler le potentiel du gamin, eu sous sa coupe entre 10 et 12 ans.

« J’avais dit à des copains que j’avais un petit qui serait le futur libero des Bleus, et ça c’est fait », déclarait il y a quelques jours l’actuel entraîneur de la N3 féminine du CPB Rennes. « Pas mal de gens s’en doutaient », avoue plus modestement l’intéressé, ce jeudi.

Au nom du père

Ayant grandi avec un ballon de volley dans les mains, Jénia Grebennikov a toutefois beaucoup hésité avec le hockey sur glace. L’influence de son père, Boris, ancien international soviétique nommé coach principal du REC en 2005, le convaincra d’opter pour sa passion première. Le début, ou plutôt la suite de la success story.

« Il était déjà un cran au-dessus, pose Yann Ruault. Il était toujours surclassé, et jouait ainsi avec des garçons plus âgés que lui. Il marchait au défi, et détestait quand il n’était pas le meilleur. » À l’aise techniquement, comme d’autres petits camarades, le fils prodige fait la différence avec sa haine viscérale de l’échec.

Pas la grosse tête

« Durant l’entraînement du mercredi, certains semblaient progresser plus vite, vu que lui alternait avec le hockey. Il rentrait donc parfois à la maison en pleurant. Le vendredi, par contre, il mettait la misère à tout le monde (sic). Avec un bon fond, sans se mettre la pression. »

À 25 ans, et malgré un parcours jalonné de titres individuels et collectifs (Coupe de France, Bundesliga, Coupe d’Allemagne, Ligue mondiale), Jénia Grebennikov, désormais à Macerata (Italie), a conservé le même état d’esprit. « Il a su garder la tête sur les épaules, constate un Ruault admiratif. Il ne l’avouera jamais, mais c’est un bosseur. J’ai vraiment eu de la chance de l’avoir. »