Bretagne: La nouvelle aventure Kanabeach vire au fiasco

INFO 20 MINUTES La marque de vêtements de surf liquidée en 2013 devait être relancée…

Camille Allain

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"Start game" indique le site de Kanabeach. La partie semble être mal engagée pour la marque bretonne.
"Start game" indique le site de Kanabeach. La partie semble être mal engagée pour la marque bretonne. — Capture d'écran Kanabeach

On avait bien cru que la plus célèbre marque de vêtements de surf bretonne n’était pas morte. Deux ans après la liquidation de la société et le licenciement des salariés, Kanabeach devait être relancé, dans le sud-ouest cette fois-ci. Nouveau propriétaire de la marque, l’entreprise rennaise Oberthür, spécialisée dans l’édition de fournitures scolaires, avait accordé en juin la licence à Jean-François Plathier, ancien distributeur de la marque bretonne en Amérique du Nord. « Kanabeach is not dead », se disait-on. Sur les réseaux sociaux, l’enthousiasme était de mise. Quatre mois après cette annonce, la situation n’a pas avancé.

Le fournisseur pas payé, les associés s’en vont

« Nous nous sommes retirés du projet il y a quinze jours », explique Olivier Mauroux, l’un des quatre associés de Jean-François Plathier. Cofondateur de la marque 64, le Basque explique « s’être beaucoup investi » pour relancer Kanabeach. « On a foncé les yeux fermés, on y croyait. Mais les investisseurs promis ne sont jamais arrivés et il n’y avait personne pour payer les collections », poursuit l’associé. Depuis le mois de mai, à peine 6 000 t-shirts ont été imprimés et seuls 500 ont été vendus. Selon nos informations, le fournisseur, basé au Portugal, n’aurait même pas été payé. « Je suis tellement déçue pour la marque, pour Fred [fondateur de Kanabeach aujourd’hui décédé], que l’on connaissait bien », confie Zako, styliste et ancienne associée.

Aujourd’hui seul à bord du navire Kanabeach, Jean-François Plathier se défend. « Ce qui se passe en interne, ce n’est pas un problème. Moi, ce qui m’importe, c’est de relancer une marque de prêt-à-porter, mais ça demande du travail et de l’organisation. Les collections sont prêtes », assure le dirigeant. Natif de Brest (Finistère), le patron annonce même que Kanabeach sera bientôt de retour dans la Cité du Ponant et quittera Bidart (Pyrénées-Atlantiques), là où il a tenté de la relancer. « Nous ouvrirons un magasin en décembre à Brest », promet Jean-François Plathier.

« Probable que l’aventure se finisse »

En juillet, le Breton avait fait une annonce similaire dans la presse locale. Hervé Piégelin, propriétaire de plusieurs commerces à Brest, devait ouvrir une boutique entièrement dédiée à Kanabeach. « J’avais trouvé le meilleur emplacement de la ville. Mais au bout de deux mois, je ne voyais aucune collection sortir, j’ai préféré me retirer. Le textile, c’est très compliqué, regardez le cas Quiksilver », explique Hervé Piégelin.

Les collections, il n’y a pas que les fans qui les attendent. Contacté, Christophe Rault, le PDG des éditions Oberthür s’impatiente. « Je l’ai eu au téléphone la semaine dernière et j’ai été assez ferme. Notre licence porte sur la sortie de deux collections par an et aujourd’hui je n’ai rien. Je trouve le démarrage assez long. Il est possible, et même tout à fait probable, que l’aventure se finisse dans les semaines qui viennent », prévient le patron d’Oberthür. Sous perfusion, la marque Kanabeach pourrait de nouveau s’éteindre.