Matmatah remet la ouache 20 ans après ses débuts

REVIVAL Aujourd’hui séparé, le groupe breton sort vendredi un double best of…

Jérôme Gicquel
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Le groupe Matmatah en 2005 lors d'un concert en Inde
Le groupe Matmatah en 2005 lors d'un concert en Inde — Matmatah

27 septembre 1995. Un groupe qui se fait alors appeler les Tricards Twins se produit Chez Arnold, un café-concert de la rue Magenta à Brest, pour l’un de ses premiers concerts. Le groupe change de nom quelques semaines plus tard et lance l’aventure Matmatah.

Vingt ans après la formation du groupe, Matmatah aura entre temps vendu plus de 1,3 million d’albums, rempli plusieurs centaines de salles dans le monde entier et suscité les premiers émois musicaux de toute une génération née entre la fin des années 70 et le début des années 80. De nombreux trentenaires actuels, bretons ou non, ont ainsi en tête les refrains de L’Apologie, Emma ou Lambé An Dro. C’est d’ailleurs ce dernier titre, sorti en 1997, qui a vraiment fait décoller le groupe.

« Il a commencé à être joué très tôt en radio et après tout s’est enchaîné », se souvient Tristan Nihouarn, dit Stan, le chanteur du groupe. Surfant sur la vague rock celtique qui commence à pointer son nez, Matmatah enchaîne alors les concerts dans les bars de la région avec à la clé la sortie de l’album La Ouache fin 1998.

Un concert aux Charrues en 2001 qui restera dans les mémoires

Le groupe brestois change alors de dimension avec plus de 800.000 exemplaires écoulés. « C’était l’époque de Louise Attaque, Tryo, Zebda. Des groupes qui refusaient le diktat de l’industrie musicale et qui collaient bien comme nous à la génération de l’époque », indique Stan, tentant de décrypter les raisons du succès. « Après, on n’était pas dupes de ce qui nous arrivait. On savait qu’on vivait un truc incroyable qui serait dur à revivre », poursuit-il.

L’apothéose est atteinte un certain 22 juillet 2001 où le groupe se produit sur la scène des Vieilles Charrues pour un concert encore gravé dans les mémoires.  

« On était programmés de jour, ce qui ne nous plaisait guère au début. Au final, ça a été un concert incroyable. Je n’ai jamais vu une telle marée humaine et ressenti un telle pression sur scène », raconte Stan.

Quatre album et une séparation fin 2007

Quelques mois plus tard, Matmatah entreprend un virage musical avec la sortie de Rebelote qui sonne beaucoup plus rock. « On s’était retrouvés un peu à notre insu porte-drapeau de la musique bretonne. On a donc fait un second album beaucoup plus rock qui nous correspondait plus », assure le chanteur, désormais parti dans une carrière solo. Matmatah perd alors quelques fidèles de la première heure.

Suivront ensuite deux autres albums et des centaines de concerts aux quatre coins du globe pour les quatre Finistériens avant la séparation du groupe qui intervient fin 2007. « Il y avait quelques tensions dans le groupe à cette époque et chacun avait des envies différentes », raconte Fanch, sans amertume.

Preuve de la bonne ambiance dans le groupe, les quatre musiciens se sont ainsi mis d’accord pour sortir un double album best of baptisé Antaology. « On a été fouiner dans nos archives et on est retournés en studio pour ce best of qui vient clore cette formidable aventure musicale et humaine », évoque Stan, ajoutant dans la foulée qu’aucune reformation n’est à l’ordre du jour. Ni retour sur scène d’ailleurs. « On est soit trop jeunes ou trop vieux pour ça », sourit-il.