L’Ifremer navigue toujours en eaux troubles

SCIENCES Le conseil d'administration qui devait entériner le transfert du siège de Paris vers Brest a été annulé…

J.G. avec AFP

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L'Ifremer emploie quelque 1.500 personnes, réparties sur 26 sites en France métropolitaine et outre-mer.
L'Ifremer emploie quelque 1.500 personnes, réparties sur 26 sites en France métropolitaine et outre-mer. — GILE MICHEL/SIPA

Ce devait être une journée clé pour l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). Le conseil d’administration de l’institut devait en effet se prononcer sur le transfert du siège de Paris vers Brest. C’était sans compter sur une soixantaine de salariés venus notamment de Brest, de Nantes ou de Boulogne-sur-Mer qui ont bloqué ce mardi matin l’entrée du siège de l’Ifremer à Issy-les-Moulineaux, empêchant ainsi le vote.

Devant ce blocage, le conseil d’administration a été « reporté à une date indéterminée », selon Franck Jacqueline, délégué CFDT. Jean-Marc Ayrault avait annoncé fin 2013, dans le cadre du pacte d’avenir pour la Bretagne, ce transfert, destiné à renforcer l’attractivité de la métropole brestoise dans le domaine des sciences et des technologies de la mer.

Les syndicats dénoncent « un passage en force » du Gouvernement

Mais les organisations syndicales redoutent « une désorganisation complète » de l’établissement et ont formé un recours auprès du Conseil d’État contre ce projet confirmé par Manuel Valls. Lors de l’examen de l’affaire, mercredi, devant le Conseil d’Etat, le rapporteur public a estimé que l’annonce de Jean-Marc Ayrault ne pouvait valoir décision et devait être annulée. La décision doit être rendue d’ici une dizaine de jours.

Le 4 septembre, CFDT et CGT, réunis en comité central d’entreprise ont voté à l’unanimité contre cette « délocalisation autoritaire », selon le délégué CFDT. « Ce n’est pas une vendetta contre la Bretagne, mais nous craignons des pertes de postes et un éloignement des centres de pouvoir », a affirmé le syndicaliste, dénonçant « un passage en force » du gouvernement.