Bretagne: Bigard fait sa tête de lard et fixe SON prix du porc

AGRICULTURE Le groupe achètera désormais ses porcs à 1,329 euro le kilo contre 1,40 euro réclamé par les éleveurs…

J.G. avec AFP

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Un porc dans une exploitation de Loon-Plage (Nord), le 17 août 2015.
Un porc dans une exploitation de Loon-Plage (Nord), le 17 août 2015. — Sarah ALCALAY/SIPA

Après quelques jours de répit, la guerre du porc est bien partie pour reprendre. Le groupe Bigard vient ainsi d’annoncer qu’il achètera désormais ses porcs à 1,329 euro le kilo. Un prix bien inférieur aux 1,40 réclamé par les éleveurs et à celui de 1,372 euro actuellement en cours au Marché du porc breton (MPB).

Cette annonce n’a pas manqué de faire bondir les éleveurs, réunis au salon international des productions animales (Space) à Rennes. « C’est une bombe politique et professionnelle, c’est la première fois qu’un outil économique décide de déclarer la guerre aux éleveurs de porcs », a réagi Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (FNP). « C’est du mépris, une volonté délibérée de retourner à un système féodal. C’est une provocation délibérée qui ne va pas rester sans réaction et je pense qu’il va s’en souvenir », a-t-il menacé.

Bigard baisse le prix « pour rester dans la course »

Bigard, comme l’un des deux autres acheteurs principaux du MPB, la Cooperl, avait décidé début août de ne plus acheter au marché de Plérin, déclenchant une nouvelle crise du porc. En juin, le gouvernement avait fixé comme objectif au MPB de parvenir à un prix moyen de 1,40 euro/kg, prix minimum réclamé par les éleveurs, un prix atteint le 23 juillet.

Cinq questions pour tout comprendre à la crise du porc

« Six semaines plus tard », Bigard considère désormais que « sa problématique structurelle reste inchangée tout comme ses effrayants résultats économiques pour le maillon abattage découpe qui se trouve totalement marginalisé sur le marché européen ». « En conséquence, et pour ne pas mettre en cause la stratégie porc du groupe et son gros programme d’investissements qui seuls permettront de rester « dans la course », il faut s’engager dans un début d’alignement du prix du porc correspondant à l’offre et à la demande », considère le groupe.