Bretagne: Il faut sauver le pont de Saint-Cado

PATRIMOINE La commune se tourne vers le mécénat pour financer les travaux…

Camille Allain

— 

La maison Nichtarger à Saint-Cado, dans le Morbihan.
La maison Nichtarger à Saint-Cado, dans le Morbihan. — Objectif Nantes / Flickr.com

C’est une petite maison aux volets bleu ciel, posée sur un minuscule caillou au milieu de la ria d’Etel. Cette image de la maison Nichtarger de Saint-Cado (Morbihan) est sans doute l’une des plus connues de Bretagne, un cran derrière la demeure entre les rochers de Plougrescant. Photographiée des centaines de fois chaque jour, la petite bâtisse bretonne pourrait profiter de sa renommée pour sauver le pont voisin d’une triste mort.

L’Etat le classe en péril

L’édifice construit juste à côté et permettant de relier la commune de Belz au village de Saint-Cado voit son état se dégrader. Problème, la facture des travaux de consolidation est estimée à 650.000 euros. Une somme astronomique pour Belz et ses 3.600 habitants, déjà interdit d’emprunter… « Cela fait des années que nous savons que l’état du pont se dégrade. En 2007, l’Etat l’avait classé en péril », explique Sylvie Le Galliotte, directrice des services à la mairie de Belz.

Huit ans plus tard et malgré quelques petits travaux, l’édifice dont les traces les plus anciennes remontent à 1630, présente aujourd’hui des fissures et perd de la matière. « On peut passer son bras dans certaines cavités. Le pont s’use sous l’effet des marées. Mais aussi à cause d’une opération d’enfouissement des réseaux où les voûtes avaient été percées », poursuit la directrice des services. Après avoir fait appel à l’Etat et aux collectivités locales, la petite commune s’est donc tournée vers le mécénat pour financer les travaux.

Retenue par la Fondation du Patrimoine et la Fondation Total, Belz organise donc une opération de promotion sur les réseaux sociaux. A chaque personne qui prendra une photo du pont avec le hashtag #JaimeStCado, les deux fondations reverseront un euro pour financer le chantier, dans la limite de 30.000 euros. « Toute la commune est mobilisée autour de ce projet. Nous avons déjà eu des dons des commerçants, des Bretons de Paris ou du club de bridge », poursuit Sylvie Le Galliotte. Grâce à la mobilisation générale, les travaux de réhabilitation pourront débuter en octobre. Ils devraient durer six mois.