Bretagne: Lohéac, le minuscule village devenu capitale de l’automobile

EVENEMENT La commune accueille ce week-end le championnat du monde de rallycross…

Camille Allain

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Petter Solberg (à droite) avait remporté la manche de rallycross à Lohéac en 2014.
Petter Solberg (à droite) avait remporté la manche de rallycross à Lohéac en 2014. — Lohéac RX

Située à mi-chemin entre Rennes et Redon, la petite commune de Lohéac compte 660 âmes. Le village, niché au cœur de la campagne d’Ille-et-Vilaine, est pourtant mondialement connu par les amateurs de sport automobile.

Ce week-end, Lohéac accueillera pour la 39e année consécutive son rallycross. Une épreuve qui compte pour la deuxième année parmi les manches du championnat du monde de la discipline et devrait attirer plus de 60.000 personnes en deux jours (retransmission tv dimanche ici). Cette version courte et spectaculaire du rallye est de plus en plus prisée, et de grands pilotes comme Petter Solberg ou Yvan Muller s’y essaient. Il y a deux ans, Sébastien Loeb avait fait le show à Lohéac.

Le vainqueur obtient une vache

Rien ne prédestinait pourtant la commune à devenir La Mecque de l’automobile. « Ici, personne ne connaissait rien au sport automobile. Le rallycross, on ne savait pas ce que c’était », se souvient Yves Plantard. A 68 ans, le retraité est aujourd’hui l’une des figures de Lohéac, après des années passées à la tête du comité des fêtes. Et si Lohéac s’est pris d’amour pour l’auto, c’est grâce à l’arrivée de Michel Hommell.

Ce grand patron de la presse spécialisée tombe amoureux de la commune et y achète un manoir dans les années 70 pour entreposer ses voitures de collection. Peu de temps après, il propose au comité des fêtes d’organiser le premier rallycross en France. « On avait eu 10.000 personnes, on était débordés », raconte Yves Plantard. L’aventure est amorcée.

Au fil des années, le rendez-vous se transformera en championnat de France, puis d’Europe. « Ça n’avait rien à voir avec ce que l’on vit aujourd’hui. Les mecs venaient avec la bagnole sur la remorque et une toile de tente pour le pilote. Aujourd’hui, tout le monde vient avec son bus et son paddock », sourit le retraité. On roulait alors en Simca 1000, Renault 5 ou Ford Escort. En 78, le vainqueur avait même remporté une vache, offerte par la laiterie voisine. Une autre époque.

Des stars sur la piste

Aujourd’hui mondialement connu, le circuit voit débarquer les meilleures écuries du monde. Ancien pilote professionnel, Patrick Germain a pris les commandes de l’association pour pérenniser l’événement. « On tourne avec un budget d’un million d’euros, mais on n’a pas un seul salarié. C’est ça l’esprit Lohéac, il y a ici une vraie énergie », explique-t-il.

Pour le pilote, le succès de l’événement n’est pas uniquement lié à l’automobile. « Dans les années 80, Michel Hommell a fait venir Stéphane Collaro comme speaker. Du coup, on a vu toute sa bande d’humoristes débarquer chaque année pour une course de stars. On a même eu les Coco Girls sur la piste. Les gens ne venaient même pas pour voir les bagnoles », se souvient Patrick Germain.

Quarante ans après sa création, le circuit de Lohéac continue de passionner les amateurs de mécanique comme le grand public. Cela grâce à un homme dont tout le monde dit ici, qu’il est « exceptionnel ». Michel Hommell a placé Lohéac sur la carte du monde automobile.