Régionales: La droite bretonne lance les hostilités

POLITIQUE L’équipe de campagne de Marc Le Fur tire à boulets rouges sur la majorité socialiste sortante…

Jérôme Gicquel

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Maël de Calan, Isabelle Le Callennec et Bertrand Plouvier, la garde rapprochée de Marc Le Fur.
Maël de Calan, Isabelle Le Callennec et Bertrand Plouvier, la garde rapprochée de Marc Le Fur. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

A un peu plus de trois mois des élections régionales (6 et 13 décembre), la campagne semble enfin lancée en Bretagne. C’est la droite qui lance les premières banderilles en s’attaquant au bilan des socialistes, à la tête de la région depuis 2004. Reprenant à son compte un livret d’une cinquantaine de pages édité l’an dernier par le groupe Droite et Centre de Bretagne, présidé par Bernadette Malgorn, l’équipe de campagne de Marc Le Fur n’y va pas par quatre chemins.

« La Bretagne de Jean-Yves Le Drian devait être un tigre conquérant, en s’inspirant du modèle irlandais. C’est plutôt une marmotte qui n’a fait qu’hiberner pendant dix ans », ironise Maël de Calan, porte-parole de Marc Le Fur et président de l’Union de la droite et du centre au Conseil général du Finistère.

Une région qui « décroche » économiquement

Listant les « sept pêchés capitaux » de Jean-Yves Le Drian et de son successeur Pierrick Massiot, la droite bretonne dresse un portrait bien sombre d’une région « qui décroche » à tous les niveaux. En matière d’emploi tout d’abord avec « 70.000 chômeurs de plus en dix ans dans la région », conséquence de la crise qui a frappé successivement l’agriculture, l’agroalimentaire et le bâtiment.

L’opposition dénonce également « la fracture » qui s’agrandit selon eux entre l’ouest et l’est de la Bretagne. « Le Finistère est en train de décrocher démographiquement en raison d’un manque d’investissements dans les infrastructures », souligne Maël de Calan. 

Jean-Yves Le Drian laisse planer le soute sur ses intentions

La nouvelle carte des régions proposée par le Gouvernement fait également craindre le pire aux élus de la droite et du centre. « La Bretagne va devenir l’une des régions les plus petites de France alors qu’avec le rattachement de la Loire-Atlantique, nous aurions eu beaucoup plus de poids à l’échelle européenne », indique Isabelle Le Callennec, porte-parole également de Marc Le Fur, qui fera de cette question « l’un des axes forts de sa campagne ».

Alors qu’il laisse toujours planer le doute sur ses intentions pour les régionales, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian en prend également pour son grade. « S’il veut rester ministre, il le peut.  Mais par honnêteté pour les Bretons, il faut qu’il le dise franchement », s’insurge Bertrand Plouvier, directeur de campagne de Marc Le Fur, taclant au passage « une majorité socialiste qui n’a pas de programme ni de candidat ». En juin, Jean-Yves Le Drian avait indiqué qu’il annoncerait sa décision « à la rentrée ».