La Bretagne soigne son image à l’Exposition universelle de Milan

ECONOMIE Hébergée dans le pavillon France, la région met en avant ses produits et ses producteurs…

Jérôme Gicquel

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Des centaines de produits bretons sont exposés pendant quinze jours au sein du pavillon France.
Des centaines de produits bretons sont exposés pendant quinze jours au sein du pavillon France. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Cachez cette crise que je ne saurais voir. Engluée dans une crise agricole qui s’éternise, la Bretagne s’offre un peu de répit en Italie avant une rentrée qui s’annonce agitée. Pendant deux semaines, la région s’invite ainsi à l’Exposition universelle de Milan au sein du pavillon France pour mettre en avant ses saveurs gastronomiques et ses producteurs.

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Première région agricole de France et parmi les toutes premières en Europe, la Bretagne se devait en effet d’être présent pour cet évènement planétaire, qui a cette année pour thème « Nourrir la planète, énergie pour la vie ». « La filière porcine a certes des difficultés mais toutes les filières du secteur ne sont pas en crise en Bretagne. La région est reconnue pour la qualité de ses produits et c’est à nous de mettre en avant cette image », justifie Pierrick Massiot, président de la région, qui a inauguré l’espace Bretagne mardi, en compagnie d’une délégation d’élus, d’industriels et d’acteurs économiques. 

L’Italie, premier marché pour l’agroalimentaire breton

Jusqu’au 2 septembre, les visiteurs de l’exposition universelle de Milan vont ainsi pouvoir découvrir quelques trésors de la gastronomie locale comme le célèbre pâté Hénaff, le cidre, le chou-fleur ou la coquille Saint-Jacques. « Mais nous ne sommes pas là juste pour parler tradition car la Bretagne est à la pointe au niveau innovation, tant dans le domaine agricole qu’alimentaire », souligne Michel Morin, vice-président de la région en charge de l’agriculture.

Négociée autour de 200.000 euros, cette opération séduction vise aussi à renforcer les liens économiques avec un pays déjà très friand des produits bretons. « La Bretagne exporte chaque année pour 600 millions d’euros en Italie. Le pays est le premier marché pour l’agroalimentaire breton », indique Jean-Paul Simier, directeur des filières alimentaires et agroalimentaires chez Bretagne Développement Innovation.

Les tomates bretonnes ont la cote dans la botte

Dans la besace des Italiens, on retrouve ainsi des produits laitiers, du porc mais aussi des légumes, notamment des tomates de chez Savéol. Implantée dans le Finistère, la coopérative fait en effet des affaires depuis près de quinze ans avec notre voisin transalpin qui ne manque pourtant pas de tomates. « Ils sont tombés amoureux de nos tomates cœur de bœuf et depuis, on en exporte 1.300 tonnes environ chaque année dans la région de Milan », se félicite Pierre-Yves Jestin, président de Savéol.

Un exemple à suivre pour les acteurs de la filière viande, estime Pierrick Massiot. « Les industriels doivent bien sûr partir à la reconquête du marché intérieur mais il faut également miser sur les exportations. Voilà deux pistes qui doivent permettre aux producteurs et aux entreprises de sortir de la crise », assure le président de région.